Quitter son emploi pour la retraite : qui décide, combien vous toucherez et quelles démarches faire
Un départ à la retraite peut être décidé par vous ou, dans des conditions très encadrées, par votre employeur. Ces deux voies n’ouvrent ni les mêmes droits à indemnité, ni le même traitement fiscal et social. Voici comment identifier votre situation, fixer une date réaliste et éviter une rupture de revenu entre le dernier salaire et la première pension.
L’essentiel en 30 secondes
L’essentiel à retenir
Lecture complète : 21 min- Le départ volontaire à la retraite est initié par le salarié dès qu’il peut liquider sa pension, y compris avant l’âge légal dans certains dispositifs de départ anticipé.
- L’employeur ne peut pas imposer une mise à la retraite avant 67 ans, même si le salarié a déjà droit à une pension à taux plein.
- Entre 67 et 70 ans, l’employeur doit interroger le salarié par écrit trois mois avant chaque anniversaire ; le salarié dispose d’un mois pour accepter ou refuser, et son silence vaut refus.
- L’indemnité légale de départ volontaire est moins élevée que l’indemnité minimale de mise à la retraite : elle atteint au maximum deux mois de salaire après 30 ans d’ancienneté, sous réserve d’une convention collective plus favorable.
- L’indemnité de départ volontaire est en principe imposable et soumise aux cotisations comme un salaire, tandis que l’indemnité de mise à la retraite bénéficie d’exonérations encadrées dont les plafonds doivent être vérifiés au moment du départ.
- La fin du contrat de travail ne déclenche pas automatiquement vos pensions : vous devez déposer votre demande de retraite, idéalement environ cinq mois avant la date choisie, et anticiper le décalage de versement de la pension de base.
Deux sorties du contrat de travail, deux règles très différentes #
Partir à la retraite et demander sa pension sont deux opérations liées, mais distinctes. La première met fin à votre contrat de travail. La seconde consiste à faire liquider, c’est-à-dire calculer et verser, vos retraites de base et complémentaires. Dans le privé, la rupture du contrat peut venir de vous : c’est le départ volontaire à la retraite. Elle peut aussi être décidée par l’employeur : c’est la mise à la retraite. Le mot importe, car il détermine le montant minimal de l’indemnité, la fiscalité et la procédure à respecter.
Le départ volontaire n’est pas une démission ordinaire, même si vous prenez l’initiative de partir. Votre courrier doit exprimer clairement votre volonté de faire valoir vos droits à la retraite. L’employeur ne peut pas vous le refuser si vous avez atteint l’âge qui ouvre vos droits, ou si vous relevez d’un départ anticipé. À l’inverse, une mise à la retraite n’est pas un licenciement : elle obéit à ses propres règles d’âge et de consultation, mais donne droit à une indemnité au moins égale à l’indemnité légale de licenciement.
Avant de discuter d’une date avec votre direction, séparez trois questions. Premièrement, avez-vous le droit de percevoir une pension à la date envisagée, avec ou sans décote ? Deuxièmement, qui prendra juridiquement l’initiative de la rupture ? Troisièmement, quel sera votre revenu net entre le dernier salaire, l’indemnité éventuelle et la première pension ? Confondre ces trois sujets conduit souvent à accepter une date trop précoce, ou à découvrir tardivement que l’indemnité annoncée est celle du mauvais régime.
64 ans
Âge légal de départ pour les personnes nées à partir de 1968
Assurance retraite
67 ans
Âge du taux plein automatique au régime général et début de la procédure annuelle possible de l’employeur
Service-Public.fr
70 ans
Âge à partir duquel l’employeur peut mettre le salarié à la retraite sans son accord
Service-Public.fr
4 trimestres
Nombre maximal de trimestres pouvant être validés au cours d’une même année civile
Assurance retraite
Départ volontaire et mise à la retraite : le comparatif essentiel
AVous prenez l’initiative
- Vous choisissez de demander votre départ lorsque vos droits à retraite sont ouverts.
- Vous adressez une notification claire à l’employeur et effectuez votre préavis.
- L’indemnité minimale dépend de votre ancienneté, avec un maximum légal de deux mois de salaire après 30 ans.
- L’indemnité est en principe imposable et soumise aux cotisations comme un salaire.
BL’employeur prend l’initiative
- Il ne peut pas l’imposer avant 67 ans ; entre 67 et 70 ans, votre accord est nécessaire chaque année.
- Il doit respecter une procédure écrite et le préavis applicable.
- L’indemnité ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement ou à la convention collective si elle est plus favorable.
- Le traitement fiscal et social est plus favorable dans les limites prévues par les textes.
Si vous avez le choix, ne comparez pas seulement les montants bruts : comparez aussi la date de pension, le préavis, le net versé et votre liberté de rester en poste.
À quel âge pouvez-vous partir, et à quel âge l’employeur peut-il intervenir ? #
L’âge légal est l’âge à partir duquel vous pouvez demander votre retraite de base, sous réserve des règles de votre génération. Il augmente progressivement selon l’année de naissance et atteint 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. Partir à cet âge ne garantit pas automatiquement le taux plein : il faut aussi avoir réuni le nombre de trimestres demandé, sauf situations particulières. Pour connaître votre âge exact et votre durée d’assurance, utilisez le tableau de votre année de naissance puis contrôlez votre relevé de carrière.
Votre employeur ne peut pas vous imposer une mise à la retraite parce que vous avez atteint l’âge légal, parce que vous avez tous vos trimestres ou parce qu’il estime que vous êtes prêt à partir. Avant 67 ans, la décision de continuer ou de demander votre retraite vous appartient. Cette protection vaut également si vous bénéficiez d’un départ anticipé pour carrière longue, handicap, incapacité permanente ou un autre dispositif : l’ouverture de vos droits ne crée pas un droit pour l’employeur de vous écarter.
À 67 ans, vous obtenez le taux plein automatique au régime général, même si votre durée d’assurance est incomplète. Cela ne signifie pas que vous êtes automatiquement retraité. Entre 67 ans et avant 70 ans, l’employeur doit vous demander chaque année si vous acceptez une mise à la retraite. Vous pouvez dire non et continuer à travailler. À partir de 70 ans, l’employeur peut en revanche décider seul de la mise à la retraite, sous réserve du respect du préavis et des droits attachés à la rupture.
| Situation d’âge | Votre droit à pension | Pouvoir de l’employeur sur votre contrat |
|---|---|---|
| Avant l’âge légal applicable à votre génération | Pas de retraite de droit commun, sauf départ anticipé reconnu | Aucune mise à la retraite imposée ; les règles ordinaires du contrat s’appliquent |
| De l’âge légal à moins de 67 ans | Vous pouvez partir si vos droits sont ouverts ; une décote est possible si des trimestres manquent | Aucune mise à la retraite imposée, même si vous avez droit au taux plein |
| De 67 ans à moins de 70 ans | Taux plein automatique au régime général ; pension à demander séparément | Question écrite annuelle obligatoire ; votre accord est indispensable |
| À partir de 70 ans | Pension possible si elle n’est pas déjà liquidée | Mise à la retraite possible sans demande annuelle d’accord |
Les départs anticipés, les régimes spéciaux et certaines situations de handicap ou d’incapacité appellent une vérification individualisée auprès de la caisse compétente.
Préavis et indemnité : pourquoi le montant peut être très différent #
Dans les deux cas, un préavis est dû, sauf dispense convenue ou prévue par un texte applicable. Sa durée est celle du préavis de licenciement : il faut d’abord consulter votre convention collective, puis votre contrat de travail et, à défaut, les règles légales. Un employeur qui dispense un salarié de préavis doit en principe lui verser l’indemnité compensatrice correspondante. Un salarié qui demande son départ ne doit pas cesser de venir travailler du jour au lendemain : il s’expose à un litige et peut perdre une partie de ses droits financiers.
Pour un départ volontaire, l’indemnité légale dépend de l’ancienneté ininterrompue chez le même employeur. Elle est de la moitié d’un mois de salaire après 10 ans, un mois après 15 ans, un mois et demi après 20 ans, puis deux mois après 30 ans. Avant 10 ans d’ancienneté, la loi ne prévoit pas d’indemnité minimale, mais votre convention collective peut en accorder une. Dans de nombreux secteurs, le barème conventionnel est plus favorable : il faut donc demander le texte exact applicable à votre entreprise.
Pour une mise à la retraite, le minimum légal est l’indemnité légale de licenciement, si vous remplissez la condition d’ancienneté requise, soit en principe au moins huit mois continus. Son calcul est de un quart de mois de salaire par année pour les dix premières années, puis un tiers de mois au-delà. La convention collective ou le contrat peut prévoir davantage, et la règle la plus favorable s’applique. Dans les deux situations, le salaire de référence est calculé selon la formule la plus favorable entre les douze derniers mois et les trois derniers mois, avec proratisation des primes annuelles.
| Ancienneté chez l’employeur | Départ volontaire à la retraite | Mise à la retraite par l’employeur |
|---|---|---|
| Moins de 8 mois | Pas de minimum légal de départ volontaire | Pas d’indemnité légale de licenciement ; la convention collective peut prévoir mieux |
| De 8 mois à moins de 10 ans | Pas de minimum légal de départ volontaire | Un quart de mois de salaire de référence par année complète, avec calcul au prorata |
| 10 à moins de 15 ans | Un demi-mois de salaire de référence | Un quart de mois par année jusqu’à 10 ans, puis un tiers de mois par année au-delà |
| 15 à moins de 20 ans | Un mois de salaire de référence | Même méthode que la ligne précédente |
| 20 à moins de 30 ans | Un mois et demi de salaire de référence | Même méthode que la ligne précédente |
| 30 ans et plus | Deux mois de salaire de référence | Même méthode, donc montant généralement nettement supérieur |
Ce tableau donne les minima légaux. Une convention collective, un accord d’entreprise ou votre contrat peut prévoir une indemnité plus élevée.
Fiscalité et cotisations : ne confondez pas brut, net et net imposable #
L’indemnité de départ volontaire à la retraite est, en principe, traitée comme un élément de salaire. Elle est donc imposable à l’impôt sur le revenu et soumise aux cotisations sociales ainsi qu’aux prélèvements sociaux applicables aux rémunérations. Ce point surprend souvent au moment de recevoir le solde de tout compte : un montant brut qui semble appréciable peut produire un net sensiblement inférieur et augmenter le revenu imposable de l’année. Une exception existe notamment dans certains départs volontaires inclus dans un plan de sauvegarde de l’emploi, avec des règles propres.
L’indemnité de mise à la retraite relève d’un régime plus favorable, proche de celui des indemnités de rupture du contrat. La part correspondant à l’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée d’impôt sur le revenu dans les limites prévues par les textes. Au-delà, l’exonération peut dépendre de comparaisons entre le montant versé, votre rémunération antérieure et des plafonds exprimés en plafond annuel de la Sécurité sociale. Ces plafonds sont actualisés : ne les calculez pas à partir d’un article ancien ou d’une simulation trouvée en ligne.
Le régime social de la mise à la retraite est lui aussi plafonné et ne se résume pas à une phrase telle que « sans charges ». Selon le montant de l’indemnité, une fraction peut être exonérée de cotisations, une autre soumise à CSG et CRDS, et l’excédent réintégré dans l’assiette des cotisations. L’employeur acquitte par ailleurs une contribution patronale spécifique, qui ne doit pas être prélevée sur l’indemnité qui vous est due. Seul un bulletin ou un décompte détaillé permet de vérifier votre montant net exact.
| Nature de l’indemnité | Impôt sur le revenu | Cotisations et prélèvements |
|---|---|---|
| Départ volontaire hors plan de sauvegarde de l’emploi | En principe imposable en totalité | En principe soumise comme un salaire aux cotisations et prélèvements applicables |
| Départ volontaire dans un plan de sauvegarde de l’emploi | Règles dérogatoires possibles ; vérification indispensable | Règles dérogatoires possibles selon le dispositif et les plafonds en vigueur |
| Mise à la retraite, montant légal ou conventionnel | Exonération dans les limites légales et conventionnelles applicables | Exonérations encadrées ; le détail dépend notamment des plafonds sociaux en vigueur |
| Mise à la retraite, montant supérieur au minimum | Une partie peut rester exonérée dans des limites variables, le surplus pouvant être imposable | Une partie peut être assujettie selon les plafonds sociaux ; un calcul paie est nécessaire |
Les règles et plafonds changent. Vérifiez le barème en vigueur auprès de votre service paie et sur impots.gouv.fr avant de fixer une date.
Si vous pouvez choisir, comment arbitrer sans perdre de droits #
Le départ volontaire convient lorsque vous avez décidé de votre date, que vos pensions sont prêtes à être demandées et que vous ne souhaitez pas attendre une éventuelle initiative de l’employeur. Il vous donne la maîtrise du calendrier, notamment si vous voulez partir dès l’ouverture de vos droits ou juste après avoir atteint le taux plein. Il ne faut toutefois pas le notifier avant d’avoir vérifié votre relevé de carrière, vos points Agirc-Arrco et l’effet d’un ou plusieurs trimestres supplémentaires sur votre pension. Une date avancée de quelques mois peut parfois coûter durablement davantage que l’indemnité reçue.
Si vous avez entre 67 et 70 ans, l’employeur peut vous interroger et vous laisser le choix. Accepter sa proposition bascule alors dans le cadre de la mise à la retraite, avec son indemnité minimale plus protectrice. Mais vous n’avez aucune obligation d’accepter. Un refus peut être rationnel si vous souhaitez encore cotiser, terminer un projet, bénéficier d’une surcote ou simplement conserver votre salaire. Inversement, rester une année de plus n’est pas toujours avantageux si votre santé, votre situation familiale ou votre projet personnel rendent une date de départ préférable.
L’arbitrage doit porter sur un horizon d’au moins douze mois, et non sur le seul chèque de départ. Comparez le salaire net auquel vous renoncez, l’indemnité nette réellement perçue, la pension mensuelle estimée, l’impôt de l’année du départ et le décalage de paiement de la pension. Si vous avez une épargne de précaution limitée, accordez une place particulière à la trésorerie des premiers mois. Pour les calculs de pension, fiez-vous aux simulations des régimes et faites-vous accompagner par un conseiller retraite ou un expert-comptable si votre situation est complexe.
Partir dès que vos droits sont ouverts ou continuer à travailler
ADemander votre départ volontaire maintenant
- Vous maîtrisez la date de fin de contrat.
- Vous percevez l’indemnité de départ volontaire, souvent plus faible.
- Votre pension commence après liquidation et selon le calendrier de paiement du régime.
- Vous cessez d’acquérir des droits supplémentaires après la date d’effet choisie.
BRester en poste ou attendre une proposition de l’employeur
- Vous continuez à percevoir un salaire et à acquérir des droits.
- Entre 67 et 70 ans, vous pouvez accepter ou refuser la demande annuelle de l’employeur.
- Une mise à la retraite acceptée ouvre une indemnité minimale plus élevée.
- Vous restez exposé à une décision unilatérale de mise à la retraite à partir de 70 ans.
La bonne option est celle qui protège à la fois votre pension durable et votre trésorerie immédiate ; une indemnité supérieure ne compense pas nécessairement une pension réduite à vie.
Entre 67 et 70 ans : la procédure annuelle que l’employeur doit respecter #
Entre votre 67e anniversaire et votre 70e anniversaire, l’employeur doit vous interroger par écrit trois mois avant votre anniversaire s’il souhaite envisager une mise à la retraite. Cette lettre ne met pas fin au contrat. Elle vous demande seulement si vous acceptez le principe d’une mise à la retraite. Elle doit arriver dans le bon délai ; une discussion orale, un entretien d’évaluation ou une remarque sur votre âge ne remplace pas cette consultation formelle. Gardez l’enveloppe, le courriel ou tout élément qui date la réception.
Vous disposez d’un mois à compter de la réception de la demande pour répondre. Vous pouvez accepter ou refuser. L’absence de réponse dans ce délai vaut refus. En cas de refus explicite ou tacite, l’employeur ne peut pas vous mettre à la retraite pendant l’année qui suit votre anniversaire. S’il veut de nouveau envisager cette solution, il doit recommencer la même consultation avant votre anniversaire suivant. Le mécanisme vous protège donc chaque année, mais il ne faut pas laisser un courrier important sans réponse si vous souhaitez que votre position soit incontestable.
Si vous acceptez, l’employeur doit ensuite formaliser la mise à la retraite et respecter le préavis applicable. Votre accord à la question annuelle ne vaut pas à lui seul décompte de solde de tout compte ni demande de pension. À partir de 70 ans, l’employeur n’a plus à solliciter votre accord annuel, mais il doit toujours notifier la rupture, appliquer le préavis et verser l’indemnité due. Les salariés protégés, notamment certains représentants du personnel, relèvent de garanties supplémentaires qui justifient un avis spécialisé.
La marche à suivre selon la voie choisie
-
Vérifiez vos droits avant toute lettre
Contrôlez l’âge applicable à votre génération, vos trimestres, vos points complémentaires et la date à laquelle vous souhaitez que la pension prenne effet. Corrigez les anomalies de carrière avant de déposer votre demande.
-
Identifiez l’initiateur réel de la rupture
Si vous voulez partir, remettez un courrier daté exprimant clairement votre départ à la retraite, idéalement contre décharge ou par lettre recommandée. Si l’employeur vous interroge entre 67 et 70 ans, répondez par écrit dans le délai d’un mois.
-
Faites chiffrer le préavis et l’indemnité
Demandez la convention collective, le salaire de référence, l’ancienneté retenue et un décompte brut-net. Vérifiez que le libellé de l’indemnité correspond bien à la voie retenue.
-
Déposez votre demande de retraite sans attendre la fin du préavis
Utilisez le service commun de demande en ligne environ cinq mois avant la date souhaitée, après avoir réuni les justificatifs. La rupture du contrat ne transmet pas automatiquement votre dossier aux caisses.
-
Contrôlez le solde de tout compte et le premier paiement
À la fin du contrat, vérifiez salaire, congés payés, indemnité, préavis et documents de fin de contrat. Puis comparez les notifications de pension et les premiers versements avec vos estimations.
Faire coïncider la fin du contrat et le début des pensions #
Une pension ne démarre pas parce que le contrat de travail s’arrête. Vous devez déposer une demande de retraite auprès des régimes concernés, le service en ligne commun permettant de demander plusieurs retraites de base et complémentaires en une démarche. Le repère habituellement indiqué est d’engager la demande environ cinq mois avant la date souhaitée. Cette anticipation laisse le temps de compléter le dossier, sans vous obliger à annoncer votre départ à l’employeur avant d’avoir arrêté votre stratégie. La date d’effet de la retraite est en général le premier jour d’un mois.
Évitez de choisir une fin de contrat qui crée un mois sans salaire et sans pension. La pension de base est versée à terme échu : son premier paiement intervient donc après le premier mois de retraite, selon le calendrier de votre caisse. La retraite complémentaire a son propre calendrier. Votre dernier salaire, votre indemnité de départ et le solde de congés peuvent également être versés à la date habituelle de paie ou avec un léger décalage. Il est prudent de disposer d’une réserve de trésorerie couvrant plusieurs semaines, voire davantage en cas de dossier incomplet.
Préparez les pièces avant la notification du départ : pièce d’identité, relevé d’identité bancaire, derniers avis d’impôt, bulletins de salaire récents, attestations de chômage ou de maladie si elles manquent au relevé, livret de famille lorsque la situation le justifie et justificatifs de périodes particulières. Les documents à transmettre varient selon votre carrière. Gardez aussi tous les écrits avec l’employeur : ils servent à vérifier les dates, le préavis et l’indemnité, mais ne remplacent pas les justificatifs demandés par les caisses.
| Moment par rapport à la date de retraite choisie | Action à réaliser | Document ou vérification utile |
|---|---|---|
| Environ 8 à 12 mois avant | Vérifier le relevé de carrière et l’estimation de pension | Relevé de carrière, périodes manquantes, points Agirc-Arrco |
| Environ 5 mois avant | Déposer la demande de retraite en ligne | Identité, RIB, pièces demandées par les régimes |
| Avant de notifier ou d’accepter la rupture | Faire chiffrer préavis, indemnité et net imposable | Convention collective, simulation écrite de la paie |
| Pendant le préavis | Suivre l’instruction des demandes de pension | Accusés de réception et demandes de pièces complémentaires |
| À la fin du contrat | Vérifier le solde de tout compte | Dernier salaire, congés, indemnité, certificat de travail, attestation destinée à France Travail si délivrée |
| Le premier ou le deuxième mois de retraite | Contrôler les versements et ajuster le budget | Notification de pension, calendrier de paiement, prélèvement à la source |
Les délais de traitement dépendent de la complétude du dossier et de chaque régime. Le repère de cinq mois doit être adapté si votre carrière est complexe.
Les erreurs à éviter avant de signer ou de donner votre accord #
La première erreur consiste à signer trop vite un document dont le vocabulaire est imprécis. « Départ à la retraite », « départ négocié » ou « fin de carrière » ne suffisent pas : le courrier et le solde de tout compte doivent permettre d’identifier clairement un départ volontaire ou une mise à la retraite. La deuxième erreur est de croire qu’une indemnité conventionnelle est automatiquement appliquée. Demandez le nom exact de la convention collective, son numéro d’identification si possible, l’article invoqué et le calcul détaillé de votre ancienneté. Une ancienneté reprise après une interruption peut nécessiter une analyse particulière.
La troisième erreur est de penser que la retraite est une solution immédiate à toute difficulté au travail. Une rupture conventionnelle, une inaptitude, un licenciement, un temps partiel de fin de carrière ou le cumul emploi-retraite relèvent de règles distinctes. Ne choisissez pas un départ volontaire uniquement pour sortir rapidement d’un conflit sans mesurer l’effet sur vos droits et votre indemnité. Si vous êtes salarié protégé, en arrêt lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, ou si une procédure disciplinaire est en cours, prenez conseil auprès d’un représentant du personnel, d’un avocat en droit du travail ou d’un défenseur syndical.
Enfin, faites relire les chiffres importants avant la dernière semaine de travail. Vérifiez la date exacte de fin de préavis, la date d’effet demandée pour les pensions, le nombre de jours de congés payés restant, le taux de prélèvement à la source et les coordonnées bancaires transmises aux caisses. Un départ bien préparé ne se joue pas uniquement dans le montant de l’indemnité : il repose sur la continuité des revenus, la justesse de la pension et des documents conservés en cas de contestation ultérieure.
Votre contrôle final avant le départ
Vos cases cochées restent enregistrées sur cet appareil.
Sources et vérification
Les informations de cet article ont été établies à partir des ressources officielles suivantes. Les barèmes et plafonds évoluant chaque année, consultez-les avant toute démarche.
- Service-Public.fr Départ volontaire à la retraite d’un salarié du secteur privé
- Service-Public.fr Mise à la retraite d’un salarié du secteur privé
- Assurance retraite Demander sa retraite
- Info Retraite Demande de retraite en ligne et information retraite
- Direction générale des Finances publiques Impôt sur le revenu et indemnités de rupture du contrat de travail
- Agirc-Arrco Retraite complémentaire des salariés du privé
Point de vigilance : Les plafonds sociaux et fiscaux, les seuils d’exonération, les conventions collectives et les calendriers de paiement peuvent évoluer : vérifiez-les au moment de votre départ.
- Publié le
- Mis à jour le
- Rédaction
- La rédaction de La Retraite
Vous vous demandez peut-être
Questions fréquentes
Mon employeur peut-il me mettre à la retraite à 64 ans ?
Non. L’âge légal de départ permet au salarié de demander sa retraite, mais il ne permet pas à l’employeur de l’imposer. Avant 67 ans, un employeur ne peut pas vous mettre à la retraite, même si vous avez tous vos trimestres ou une pension à taux plein.
Puis-je refuser une mise à la retraite à 67 ans ?
Oui. Entre 67 ans et avant 70 ans, l’employeur doit vous demander par écrit, trois mois avant votre anniversaire, si vous acceptez. Vous avez un mois pour répondre et votre silence vaut refus ; l’employeur ne peut alors pas vous mettre à la retraite pendant l’année qui suit cet anniversaire.
Quelle est la différence entre indemnité de départ volontaire et indemnité de mise à la retraite ?
Le départ volontaire ouvre droit à une indemnité légale comprise entre un demi-mois et deux mois de salaire selon l’ancienneté, à partir de 10 ans. La mise à la retraite ouvre au minimum droit à l’indemnité légale de licenciement, généralement plus élevée, ou à l’indemnité conventionnelle si elle est plus favorable.
Quel préavis dois-je faire pour partir à la retraite ?
Le préavis de départ à la retraite est en principe celui applicable en cas de licenciement. Sa durée dépend d’abord de votre convention collective, puis de votre contrat et des règles légales. Demandez une confirmation écrite à votre employeur avant de fixer votre dernier jour de travail.
L’indemnité de départ à la retraite est-elle imposable ?
Une indemnité de départ volontaire est en principe intégralement imposable et soumise aux cotisations comme un salaire, sauf notamment certains départs inscrits dans un plan de sauvegarde de l’emploi. L’indemnité de mise à la retraite bénéficie d’exonérations limitées par la loi ; le calcul exact dépend du montant et des plafonds en vigueur.
Dois-je demander ma retraite si mon employeur me met à la retraite ?
Oui. La fin de votre contrat ne déclenche pas automatiquement le paiement de vos pensions. Vous devez déposer une demande auprès des régimes de retraite, de préférence environ cinq mois avant la date souhaitée, même si l’employeur a déjà fixé une date de fin de contrat.
À 67 ans, suis-je obligé de prendre ma retraite ?
Non. À 67 ans, vous bénéficiez du taux plein automatique pour la retraite de base, mais votre contrat de travail continue tant que vous ne demandez pas votre départ ou que vous n’acceptez pas une mise à la retraite proposée par l’employeur. Vous pouvez continuer à travailler.
Puis-je retravailler après un départ à la retraite ?
Oui, sous les règles du cumul emploi-retraite. Le droit à cumuler intégralement pension et revenu dépend notamment de la liquidation de l’ensemble de vos pensions et de l’obtention du taux plein ; une reprise chez le dernier employeur peut aussi imposer un délai. Vérifiez votre situation auprès de votre caisse avant de signer un nouveau contrat.
Les internautes recherchent aussi
- mise à la retraite par l'employeur à quel âge
- indemnité départ volontaire à la retraite calcul
- indemnité mise à la retraite imposable ou non
- refuser mise à la retraite à 67 ans
- préavis départ à la retraite convention collective
- employeur peut-il imposer la retraite à 64 ans
- demande de retraite combien de temps avant
- première pension retraite quand est-elle versée
Poursuivre la lecture
Pour aller plus loin
À quel âge pouvez-vous partir à la retraite ? Le tableau complet selon votre année de naissance
Âge légal, trimestres requis et taux plein à 67 ans : consultez le tableau complet par année de naissance et identifiez votre date de départ.
Trimestres de retraite : comprendre le compte qui fixe votre départ
Comprenez comment valider vos trimestres, les droits liés au chômage ou aux enfants, et vérifiez votre relevé de carrière pour partir au bon moment.
Partir maintenant ou attendre : ce que décote et surcote changent à votre pension
Décote, surcote, trimestres : comparez votre pension selon votre date de départ et calculez le délai auquel attendre devient rentable.
Relevé de carrière : la méthode pour le vérifier et faire corriger une erreur
Apprenez à lire votre relevé de carrière, repérer les années manquantes, réunir les bonnes preuves et demander une régularisation.