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Patrimoine & Transmission

Le viager : comprendre le mécanisme avant d’y penser

Vendre un logement en viager ne consiste pas seulement à recevoir une rente contre un bien immobilier. Le contrat organise, parfois pendant de longues années, le droit d’occuper le logement, la répartition des dépenses et les conséquences d’un décès ou d’un impayé. Voici les repères pour comprendre les calculs, comparer les formules et préparer un acte solide.

19 min de lecture 3 880 mots Mis à jour le
Couple échangeant avec un professionnel autour d’un projet de vente immobilière en viager.
Couple échangeant avec un professionnel autour d’un projet de vente immobilière en viager.

L’essentiel en 30 secondes

L’essentiel à retenir

Lecture complète : 19 min
  • Le viager est une vente immobilière définitive : l’acheteur devient propriétaire, tandis que le vendeur reçoit en général un bouquet immédiat et une rente versée jusqu’à son décès.
  • Dans un viager occupé, le vendeur conserve l’usage du logement ou son usufruit ; dans un viager libre, l’acheteur peut l’occuper ou le louer dès la signature.
  • Le montant de la rente dépend de la valeur du logement, du bouquet, du droit conservé par le vendeur, de l’âge des personnes concernées et d’une hypothèse d’espérance de vie : il n’existe pas de barème universel.
  • La répartition des charges, travaux, impôts locaux, charges de copropriété et assurances doit être écrite de façon détaillée dans l’acte, car les usages de marché ne remplacent pas une clause précise.
  • Une clause résolutoire peut protéger le vendeur en cas d’impayé de rente, mais elle doit être soigneusement rédigée et sa mise en œuvre suit une procédure qui mérite l’avis du notaire ou d’un avocat.
  • Le viager a des conséquences patrimoniales, successorales et fiscales : avant de signer, il faut comparer cette solution avec une vente classique, le maintien dans le logement et les autres moyens d’aider ou de transmettre à ses proches.

Le viager est d’abord une vente immobilière, pas un produit d’épargne #

Un viager est une vente d’un logement dont le prix est payé, totalement ou en partie, sous la forme d’une rente versée pendant la vie du vendeur. L’acheteur devient propriétaire dès la vente. Le vendeur ne conserve donc pas la propriété du bien, même lorsqu’il continue à y vivre. Cette distinction est essentielle : vendre en viager transforme un patrimoine immobilier en capital immédiat et en revenus réguliers, mais rend la décision difficilement réversible. La signature intervient habituellement devant notaire, afin de sécuriser le transfert de propriété et la publication de l’acte immobilier.

Le contrat repose sur un aléa, c’est-à-dire une incertitude réelle pour les deux parties : personne ne connaît à l’avance la durée pendant laquelle la rente sera versée. Si le vendeur vit longtemps, l’acheteur peut verser au total davantage que la valeur anticipée du bien. Si le vendeur décède plus tôt, l’opération peut être plus favorable à l’acheteur. Ce n’est ni un gain garanti pour l’un, ni une perte certaine pour l’autre. C’est précisément cette incertitude qui distingue le viager d’une vente à crédit ordinaire.

2 formules

Le viager est principalement occupé ou libre

Notaires de France

1 propriété transférée

L’acheteur devient propriétaire dès la signature de la vente

Code civil et Notaires de France

0 durée fixée

La rente est en principe due jusqu’au décès de la personne sur laquelle elle est calculée

Code civil

Le mot viager recouvre donc plusieurs réalités contractuelles. Une vente peut prévoir une rente seule, un bouquet seul dans certains montages, ou plus fréquemment une combinaison des deux. Elle peut être établie sur une seule tête, par exemple celle d’une propriétaire seule, ou sur deux têtes, souvent un couple. Dans ce dernier cas, il faut préciser si la rente se poursuit jusqu’au décès du dernier survivant et quel droit le survivant conserve dans le logement. Ces choix modifient fortement la valeur économique de la vente et l’équilibre familial du projet.

Bouquet et rente : les deux composantes du prix #

Le bouquet est la somme versée comptant le jour de la signature. Il revient immédiatement au vendeur, après déduction éventuelle de frais prévus dans l’opération. Il n’est pas obligatoire en droit, mais il est fréquent, notamment parce qu’il permet au vendeur de financer un projet précis, de rembourser un emprunt ou de conserver une réserve. Son montant résulte de la négociation : il ne correspond pas à un pourcentage imposé de la valeur du logement. Un bouquet élevé réduit en principe le montant de la rente future, à autres hypothèses identiques.

La rente est le versement périodique promis par l’acheteur. Elle est souvent mensuelle, mais l’acte peut retenir une autre périodicité. Le contrat doit préciser son montant initial, la date du premier versement, le mode de paiement, l’indice éventuel de revalorisation et les conséquences d’un retard. Une rente non indexée peut perdre du pouvoir d’achat avec le temps ; une rente indexée peut, elle, évoluer à la hausse comme à la baisse selon la clause choisie. L’indice doit être identifiable et juridiquement utilisable au jour de la signature.

Le prix global du viager ne se lit pas en additionnant mécaniquement le bouquet et quelques années de rente. Il faut raisonner à partir de la valeur du logement libre, puis tenir compte du droit que conserve le vendeur lorsqu’il reste sur place, et enfin de l’incertitude sur la durée de la rente. Deux annonces affichant le même bouquet et la même rente peuvent donc correspondre à des opérations très différentes selon l’âge du vendeur, la présence d’un conjoint, l’état du bien et la nature exacte du droit d’occupation.

Viager occupé ou viager libre : ce que chaque formule change

AViager occupé

  • Le vendeur conserve un droit de rester dans le logement, souvent un droit d’usage et d’habitation ou un usufruit.
  • L’acheteur devient propriétaire mais ne peut pas disposer librement du logement pendant l’occupation prévue.
  • La valeur du droit conservé est déduite de la valeur libre du bien pour calculer l’opération.
  • Cette formule convient seulement si les règles d’occupation future sont clairement anticipées.

BViager libre

  • L’acheteur peut occuper le logement, le louer ou le revendre, sous réserve des clauses de l’acte.
  • Le vendeur ne conserve pas de droit d’occupation du bien vendu.
  • La valeur de référence est proche de la valeur du bien libre, avant prise en compte du bouquet et de la rente.
  • L’acheteur supporte immédiatement les responsabilités d’un propriétaire disposant du logement.

Le choix ne dépend pas seulement du niveau de rente : il détermine qui peut utiliser le logement dès la vente et qui supportera concrètement les dépenses liées à son occupation.

Les composantes à faire figurer clairement dans une proposition de viager
ÉlémentCe qu’il faut vérifierEffet pratique
Valeur libre du logementMéthode d’évaluation, état du bien, comparaison avec des ventes localesElle sert de point de départ à toute négociation.
BouquetMontant net reçu, date de versement, éventuel emploi prévuPlus il est élevé, moins le capital à convertir en rente est important.
RenteMontant, périodicité, indexation, réversion éventuelleElle détermine le revenu régulier et l’engagement de paiement de l’acheteur.
Droit conservéDroit d’usage et d’habitation ou usufruit, durée, conditions de départIl réduit la disponibilité du bien pour l’acheteur et influe sur le prix.
GarantiesPrivilège du vendeur, clause résolutoire, assurance ou sûreté éventuelleElles organisent la protection du vendeur en cas de défaut de paiement.

Les montants et les clauses relèvent de l’acte notarié et d’une négociation ; il n’existe pas de modèle financier unique.

Comment se calcule une rente viagère en pratique #

Le calcul commence par la valeur vénale libre du logement, c’est-à-dire son prix plausible sur le marché s’il était vendu vide et disponible. Cette évaluation ne doit pas reposer sur une seule annonce : le notaire, un professionnel de l’estimation ou plusieurs avis argumentés peuvent aider à la documenter. Sont notamment regardés l’emplacement, la surface, l’état, les travaux à prévoir, la copropriété, les performances énergétiques et les transactions comparables. Une valeur de départ trop optimiste ou trop basse fausse ensuite bouquet, rente et fiscalité de l’opération.

Dans un viager occupé, on déduit ensuite la valeur économique du droit conservé par le vendeur. Cette valeur dépend de la nature du droit, de l’âge des personnes qui en bénéficient, de leur nombre et d’hypothèses de durée de vie issues de tables utilisées par les professionnels. Certains calculs distinguent également le sexe, car les tables d’espérance de vie ne sont pas identiques. Il ne s’agit pas de prédire la durée de vie d’une personne : c’est une convention de calcul destinée à chiffrer un risque collectif dans un contrat individuel.

Le capital restant après ces déductions est ventilé entre le bouquet et la rente. Pour convertir ce capital en rente, le calculateur retient une durée de versement théorique et parfois un taux financier. Les résultats peuvent donc varier d’un professionnel à l’autre selon les hypothèses explicitées. Demandez systématiquement le détail : valeur libre retenue, valeur du droit d’occupation, table ou méthode utilisée, montant du bouquet, durée théorique et indexation. Un chiffre final sans feuille de calcul intelligible ne permet pas de décider sereinement.

Les variables qui font évoluer bouquet et rente
VariableQuand elle augmente ou changeConséquence habituelle sur l’équilibre financier
Valeur libre du bienLogement mieux situé, plus grand ou en meilleur étatLe prix économique de l’opération augmente.
Âge du vendeurVendeur plus jeune, toutes choses égales par ailleursLa durée théorique de versement est plus longue et le droit d’occupation vaut davantage.
Nombre de bénéficiairesRente ou occupation prévue jusqu’au décès du dernier survivantL’incertitude de durée augmente pour l’acheteur.
Bouquet initialSomme comptant plus élevéeLa rente à capital théorique identique est généralement plus faible.
Usufruit plutôt que droit d’usageLe vendeur peut aussi louer le logement et percevoir les loyersLe droit conservé est en principe plus étendu et pèse davantage dans le calcul.
Indexation de la renteClause de revalorisation prévueLe montant futur n’est pas figé ; la charge peut évoluer au fil du temps.

Il s’agit de tendances de calcul. Seule une simulation détaillée, fondée sur les clauses envisagées, permet de chiffrer une opération précise.

Qui paie les charges, les impôts et les travaux ? #

C’est l’un des points les plus importants d’un viager occupé. Le vendeur qui reste dans le logement continue généralement à régler les dépenses liées à son occupation quotidienne : eau, énergie, entretien courant et petites réparations. L’acheteur, devenu propriétaire, assume souvent les dépenses qui relèvent du propriétaire et les gros travaux. Mais le mot important est souvent : l’acte peut organiser une autre répartition. Il faut donc sortir des formules vagues telles que « charges à la charge de l’occupant » et lister concrètement les postes concernés.

La distinction entre droit d’usage et usufruit a des conséquences pratiques. L’usufruitier peut utiliser le bien et le louer ; il supporte en principe les dépenses d’entretien, tandis que le nu-propriétaire reste concerné par les grosses réparations au sens du Code civil, sauf stipulation particulière. Le titulaire d’un droit d’usage et d’habitation a un droit plus limité, adapté à ses besoins d’habitation. Dans un viager, les clauses contractuelles doivent toutefois articuler ces règles avec précision, notamment pour la copropriété, les ravalements, la toiture, le chauffage collectif et les appels de fonds exceptionnels.

La taxe foncière, les charges de copropriété et les travaux votés avant ou après la vente méritent une ligne par ligne. Il faut aussi prévoir les assurances : assurance habitation de l’occupant, assurance du propriétaire, sinistres, franchise et indemnité d’assurance. Dans une maison, la question de l’élagage, de l’assainissement ou d’une mise aux normes peut devenir coûteuse. Dans un immeuble, demandez les trois derniers procès-verbaux d’assemblée générale, le carnet d’entretien et les travaux déjà envisagés. Ils renseignent bien mieux qu’une simple estimation sur les dépenses à venir.

Répartition souvent envisagée dans un viager occupé, à confirmer impérativement par l’acte
Poste de dépenseRépartition souvent retenueClause à demander au notaire
Consommations d’eau, d’énergie et abonnementsVendeur occupantPréciser les compteurs, contrats et régularisations.
Entretien courant et petites réparationsVendeur occupantDéfinir les exemples et les limites de montant si nécessaire.
Grosses réparations structurellesAcheteur propriétaire dans de nombreux montagesLister les travaux visés et le traitement des urgences.
Taxe foncièreSouvent acheteur, mais la convention peut varierIdentifier clairement qui paie et à quelle échéance.
Charges de copropriétéRépartition selon leur nature ou règle contractuelleDistinguer charges courantes, travaux et appels de fonds exceptionnels.
Assurances et sinistresPlusieurs contrats peuvent intervenirPrévoir les assurances obligatoires, la déclaration et l’emploi de l’indemnité.

Ce tableau décrit des pratiques fréquentes, non une règle automatique. La répartition applicable est celle inscrite dans l’acte authentique.

Les clauses qui protègent le vendeur et sécurisent l’acheteur #

La première sécurité du vendeur est de vérifier la capacité réelle de l’acheteur à payer le bouquet, les frais d’acquisition et la rente dans la durée. Le viager n’est pas un crédit accordé sans examen : revenus, patrimoine, financement et éventuels emprunts doivent être regardés avec prudence. Le notaire peut prévoir des garanties publiées sur le bien, notamment le privilège du vendeur, afin de renforcer les droits du crédirentier. La preuve des virements, les coordonnées bancaires et les modalités de revalorisation doivent être simples à suivre pendant toute la vie du contrat.

La clause résolutoire traite le risque d’impayé. Elle prévoit les conditions dans lesquelles le vendeur pourra demander la résolution de la vente si la rente n’est pas réglée. Sa rédaction doit désigner les manquements concernés, la procédure de mise en demeure, les délais et le sort du bouquet ainsi que des rentes déjà versées. Elle ne dispense pas de respecter le cadre légal et, en cas de conflit, l’intervention d’un juge peut être nécessaire. Une clause copiée sans adaptation ne protège correctement personne.

L’acheteur a aussi besoin de certitudes. L’acte doit établir qui détient le droit d’occupation, si le droit est réversible au conjoint, qui peut vivre dans le logement, et si des aménagements importants sont envisageables. Le vendeur doit remettre les diagnostics obligatoires, les informations de copropriété lorsqu’elles existent et signaler les éléments connus qui affectent le bien. Avant signature, l’acheteur doit mesurer un risque souvent sous-estimé : il ne maîtrise pas la date à laquelle il pourra disposer du logement dans un viager occupé.

Comparer le viager avec les autres choix patrimoniaux #

Pour un propriétaire, le viager peut répondre à plusieurs objectifs : rester chez soi tout en obtenant des liquidités, compléter des revenus, financer l’adaptation du logement ou simplifier la gestion d’un bien. Mais il ne convient pas à tous les objectifs. Si le besoin porte seulement sur un capital ponctuel, une vente classique suivie d’un relogement ou le maintien du logement peuvent être plus lisibles. Si l’enjeu est la transmission aux enfants, la vente retire le bien de la succession, mais le bouquet reçu et les rentes non dépensées restent eux-mêmes des éléments du patrimoine transmissible.

Pour l’acheteur, le viager est un engagement immobilier de long terme, à la fois financier et humain. Il faut pouvoir verser la rente même en cas de baisse de revenus, de dépenses imprévues ou de changement familial. Le prix final est inconnu, tout comme la date de disponibilité dans un viager occupé. L’achat n’est donc pas comparable à un logement disponible acheté avec un échéancier fixe. Il exige une réserve financière et une compréhension concrète de la clause d’indexation, des charges, des travaux et du régime de l’occupation.

La fiscalité fait aussi partie de la décision, mais elle se traite au cas par cas. La vente de la résidence principale bénéficie en principe de l’exonération de plus-value immobilière si les conditions sont réunies au moment de la cession. La rente viagère constituée à titre onéreux est imposable pour une fraction qui dépend notamment de l’âge du crédirentier lors de l’entrée en jouissance ; le barème applicable doit être vérifié. Pour l’acheteur, droits de mutation et frais d’acte sont calculés selon les règles fiscales applicables à la valeur déclarée et au montage. Le notaire doit chiffrer ces éléments avant l’engagement.

Vendre en viager occupé ou vendre classiquement : la question à se poser

AViager occupé

  • Vous cédez immédiatement la propriété tout en conservant un droit d’habiter défini par l’acte.
  • Vous percevez habituellement un bouquet et une rente dont la durée est inconnue.
  • Vous restez lié contractuellement à l’acheteur pour les charges, les travaux et l’occupation.
  • Le bien n’est plus à transmettre comme tel à vos héritiers.

BVente classique

  • Vous recevez un prix connu, en une fois, puis vous quittez le logement sauf autre convention.
  • Vous pouvez choisir un nouveau logement, conserver le capital ou organiser sa transmission.
  • La relation avec l’acheteur s’achève en principe après les garanties de vente et les formalités.
  • Vous devez anticiper le coût et les conditions de votre relogement.

Le viager est pertinent seulement si le maintien dans le logement et le revenu à vie répondent à votre projet ; si vous recherchez avant tout un prix certain et une séparation nette, la vente classique est généralement plus simple à analyser.

Préparer le dossier et avancer dans le bon ordre #

Avant toute annonce ou proposition, clarifiez votre objectif personnel. Avez-vous besoin d’un capital tout de suite, d’un complément mensuel, de financer des travaux, ou de rester dans ce logement aussi longtemps que possible ? Votre réponse déterminera le niveau de bouquet, le droit d’occupation et la souplesse à demander pour un futur départ. Parlez-en également aux proches que la décision peut concerner. Ils ne décident pas à votre place, mais une information claire évite de découvrir tardivement que le logement familial est déjà vendu et que la succession sera organisée autrement.

Constituez ensuite un dossier immobilier complet. Les diagnostics requis, le titre de propriété, la taxe foncière, les plans, les factures de travaux et, en copropriété, les documents de gestion permettent d’évaluer le bien correctement. Si vous envisagez de rester sur place, faites aussi le point sur les besoins futurs : accessibilité, douche, chauffage, proximité des services et possibilité d’adapter le logement. Vendre en viager un logement difficile à vivre dans quelques années n’est pas forcément la meilleure façon de sécuriser le maintien à domicile.

Enfin, ne signez pas un compromis ou une promesse sans comprendre les chiffres et les clauses. Demandez une simulation écrite, lisez le projet d’acte avant le rendez-vous et faites expliciter chaque terme non compris. Le notaire est un officier public qui conseille les parties et authentifie l’acte ; chacune peut aussi se faire assister par son propre notaire, sans doubler les émoluments réglementés de l’acte. En présence d’un conflit familial, d’une tutelle, d’un divorce, d’un bien indivis ou d’un risque de vulnérabilité, un conseil juridique individualisé est indispensable.

La marche à suivre avant une vente ou un achat en viager

  1. Définir le projet

    Écrivez ce que l’opération doit financer, le revenu mensuel recherché, la durée d’occupation souhaitée et les situations à anticiper, notamment le départ durable du logement.

  2. Évaluer le logement libre

    Réunissez plusieurs éléments d’estimation et les documents du bien. Faites distinguer la valeur du logement libre de la valeur du droit d’occupation.

  3. Obtenir une simulation détaillée

    Exigez le calcul du bouquet, de la rente, de l’indexation, de la durée théorique retenue et de l’incidence d’un second bénéficiaire éventuel.

  4. Faire relire les charges et garanties

    Demandez une répartition écrite des impôts, travaux, charges de copropriété, assurances et sinistres, ainsi que les conditions de la clause résolutoire.

  5. Vérifier les conséquences personnelles

    Avec le notaire et, si nécessaire, un avocat ou un conseiller patrimonial qualifié, examinez fiscalité, succession, protection du conjoint et effet sur les aides ou projets en cours.

  6. Signer seulement après relecture

    Conservez le projet d’acte, les simulations et les échanges. À la signature, vérifiez l’identité des bénéficiaires, les coordonnées de paiement et toutes les clauses annexes.

Les documents utiles au premier rendez-vous chez le notaire

Vos cases cochées restent enregistrées sur cet appareil.

Les questions à se poser avant de retenir le mot viager #

La bonne question n’est pas seulement « combien vais-je toucher ? ». Il faut aussi se demander combien de liberté vous conservez dans le logement, ce qui se passe si votre état de santé ou votre situation familiale change, et comment seront répartis les travaux coûteux. Pour l’acheteur, la question centrale est symétrique : la rente restera-t-elle supportable à long terme, même si le logement ne peut pas être occupé avant de nombreuses années ? Une décision éclairée repose autant sur ces scénarios que sur le montant initial de la rente.

Un viager bien préparé n’efface pas l’incertitude : il l’organise. L’acte doit pouvoir être relu et compris plusieurs années après sa signature par les parties, leurs proches ou leurs héritiers. C’est pourquoi les termes techniques, les règles d’indexation et la répartition des charges doivent être rédigés sans ambiguïté. Si une proposition semble simple parce qu’elle évite ces sujets, ce n’est pas un avantage : ce sont précisément ces détails qui déterminent la sécurité du contrat au quotidien.

Sources et vérification

Les informations de cet article ont été établies à partir des ressources officielles suivantes. Les barèmes et plafonds évoluant chaque année, consultez-les avant toute démarche.

Point de vigilance : Les règles fiscales applicables à la rente, aux plus-values et aux droits de mutation, ainsi que les indices de revalorisation prévus dans les contrats, doivent être revérifiés au moment du projet.

Publié le
Mis à jour le
Rédaction
La rédaction de La Retraite

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Questions fréquentes

C’est quoi un viager occupé ?

Dans un viager occupé, l’acheteur devient propriétaire du logement, mais le vendeur conserve le droit de l’occuper. Ce droit peut être un droit d’usage et d’habitation ou un usufruit, qui ne donnent pas les mêmes possibilités. L’acheteur ne peut donc pas habiter ou louer le bien tant que le droit d’occupation subsiste, sauf clause particulière.

Est-ce que le bouquet est obligatoire dans un viager ?

Non. Le bouquet est une partie du prix versée comptant à la signature, mais la loi n’impose pas son existence. Les parties peuvent prévoir une rente seule ou combiner un bouquet et une rente. En pratique, le bouquet est fréquent car il procure au vendeur un capital immédiatement disponible.

Comment est calculée la rente d’un viager ?

La rente part de la valeur libre du logement, de laquelle on déduit, dans un viager occupé, la valeur du droit conservé par le vendeur. Le capital restant est réparti entre le bouquet et une rente calculée à partir d’hypothèses de durée de vie et des clauses d’indexation. Il n’existe pas de montant standard : demandez toujours le détail complet de la simulation.

Qui paie la taxe foncière dans un viager occupé ?

La taxe foncière est souvent mise à la charge de l’acheteur devenu propriétaire, mais ce n’est pas une règle à présumer sans lire l’acte. Les parties peuvent prévoir une autre répartition. Le notaire doit identifier explicitement dans l’acte qui paie la taxe foncière, les charges de copropriété et les travaux.

Qui paie les gros travaux dans un viager ?

Dans de nombreux viagers occupés, les gros travaux relevant de la structure du bâtiment sont supportés par l’acheteur, tandis que l’occupant assure l’entretien courant. Toutefois, le droit conservé par le vendeur et les clauses de l’acte peuvent modifier cette répartition. Toiture, ravalement, ascenseur, chauffage collectif et appels de fonds de copropriété doivent être détaillés avant signature.

Que se passe-t-il si l’acheteur ne paie plus la rente viagère ?

Le vendeur peut agir pour obtenir le paiement et, si l’acte le prévoit dans les conditions requises, demander la résolution de la vente grâce à une clause résolutoire. Il faut respecter les mises en demeure et la procédure prévue, et un juge peut devoir intervenir en cas de contestation. Le sort du bouquet et des rentes déjà versées dépend notamment des clauses de l’acte et de la décision rendue.

Le vendeur peut-il louer son logement après une vente en viager occupé ?

Cela dépend du droit qu’il a conservé. Avec un usufruit, le vendeur peut en principe louer le bien et percevoir les loyers. Avec un droit d’usage et d’habitation, il peut normalement habiter le logement pour ses besoins mais ne pas le louer. L’acte doit aussi prévoir les conséquences d’un départ durable du logement.

Les enfants héritent-ils d’un bien vendu en viager ?

Non, le logement vendu ne fait plus partie du patrimoine du vendeur dès la signature, puisque l’acheteur en est devenu propriétaire. En revanche, le bouquet non dépensé, les rentes déjà perçues et les autres biens du vendeur restent transmissibles. Une rente peut aussi être réversible au profit d’une personne désignée si le contrat le prévoit.

La rente viagère est-elle imposable ?

Oui, une rente viagère constituée à titre onéreux est prise en compte pour l’impôt sur le revenu sur une fraction de son montant, déterminée notamment selon l’âge du crédirentier au premier versement. Le barème fiscal applicable et les prélèvements éventuels doivent être vérifiés pour l’année concernée. Le notaire ou l’administration fiscale peut préciser le traitement correspondant à votre situation.

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