Garder ou vendre sa maison à la retraite : décider avec les bons chiffres
Votre maison est à la fois un lieu de vie, un patrimoine et parfois une charge devenue lourde. La bonne décision ne dépend ni de son seul prix de vente ni de l’avis des enfants : elle se construit en comparant le coût de possession, le confort quotidien, les travaux à venir et vos besoins de liquidités. Voici une méthode concrète pour arbitrer sans vous précipiter.
L’essentiel en 30 secondes
L’essentiel à retenir
Lecture complète : 20 min- Conserver sa maison ne coûte pas seulement la taxe foncière et l’assurance : il faut aussi compter l’entretien courant, les travaux prévisibles, les charges de copropriété éventuelles, les intérêts de crédit et le capital immobilisé.
- Le prix affiché d’une maison n’est jamais la somme réellement disponible après une vente : il faut retrancher, selon votre situation, les frais liés à la vente, le crédit restant, les diagnostics et le coût de votre futur logement.
- La vente de la résidence principale est en principe exonérée d’impôt sur la plus-value, à condition notamment que le logement soit bien votre résidence principale au moment de la cession ; les situations de départ préalable doivent être vérifiées.
- Un logement adapté ne se résume pas à l’absence d’escaliers : la proximité des commerces, des soins, des transports, des proches et la facilité d’entretien comptent autant que la configuration des pièces.
- Avant toute mise en vente, comparez au moins trois scénarios sur cinq à dix ans : garder et adapter, vendre pour acheter plus petit, vendre pour devenir locataire.
- La décision doit être prise par les propriétaires, après avoir écouté les proches si nécessaire, mais sans confondre l’intérêt successoral des héritiers avec votre sécurité financière et votre qualité de vie.
Commencer par la bonne question : votre maison vous sert-elle encore bien ? #
La question n’est pas seulement « combien vaut ma maison ? ». Une résidence principale procure un usage quotidien : un jardin, un voisinage connu, une chambre pour recevoir, des habitudes de quartier. Elle peut aussi demander du temps, des déplacements, des travaux et une énergie qui ne correspondent plus à votre vie. À la retraite, le logement doit être regardé comme un ensemble : lieu de vie, poste de dépenses, réserve de patrimoine et outil de transmission. Vendre n’est donc pas forcément un renoncement. Garder n’est pas forcément une sécurité. Le bon choix est celui qui reste supportable financièrement et pratique si votre situation évolue.
Pour sortir d’une hésitation diffuse, ne partez pas de la maison elle-même : partez de votre projet de vie pour les prochaines années. Souhaitez-vous rester dans votre commune ? Recevoir souvent vos proches ? Voyager davantage ? Réduire les contraintes ? Préserver une somme disponible en cas de coup dur, d’aide à domicile ou d’entrée en établissement ? Votre réponse peut être différente de celle de votre conjoint, et elle peut aussi changer. L’objectif n’est pas de deviner l’avenir, mais de vérifier que votre logement actuel reste compatible avec plusieurs futurs plausibles, y compris un futur moins confortable physiquement.
Il est utile de distinguer trois questions, souvent mélangées. La première est budgétaire : pouvez-vous assumer durablement les dépenses du bien ? La deuxième est pratique : pouvez-vous y vivre sans dépendre excessivement d’un proche, d’une voiture ou d’un entretien pénible ? La troisième est patrimoniale : avez-vous besoin qu’une partie de la valeur du logement devienne disponible ? Une maison très appréciée peut rester le bon choix si son coût est maîtrisé et si elle est adaptable. À l’inverse, un bien valorisé mais isolé, énergivore ou grevé de gros travaux peut limiter vos choix au moment où vous aurez besoin de souplesse.
3 scénarios
à comparer : conserver, vendre pour acheter plus petit, vendre pour louer
Méthode de décision La Retraite
1er janvier
date à laquelle est regardée la qualité de redevable de la taxe foncière
Service-Public.fr
0 % en principe
d’impôt sur la plus-value lors de la vente de la résidence principale, sous conditions
Impots.gouv.fr
Calculer le coût annuel réel de votre logement #
Le coût de possession annuel est le point de départ du calcul. Beaucoup de propriétaires ne retiennent que la taxe foncière, les charges et l’assurance. Or une maison consomme aussi de l’entretien : toiture, chaudière ou pompe à chaleur, peintures, volets, portail, assainissement, jardin, petites réparations. En copropriété, les appels de fonds ordinaires ne disent pas tout : les travaux votés ou simplement envisagés peuvent modifier fortement le budget. Si vous remboursez encore un prêt, ne confondez pas le capital remboursé, qui augmente votre part de propriété, avec les intérêts et l’assurance emprunteur, qui sont des dépenses définitives.
Faites deux calculs séparés. Le premier, le coût « en trésorerie », répond à la question : combien sort réellement de mon compte cette année pour habiter ici ? Le second, le coût « économique », ajoute le coût du capital immobilisé. Ce dernier n’est pas une facture, mais il est indispensable si vous hésitez entre conserver un bien de valeur et libérer une somme. Pour l’estimer, multipliez la valeur nette que vous récupéreriez en vendant par un taux de rendement prudent choisi uniquement pour votre simulation. Ne retenez pas une promesse de placement : testez plutôt plusieurs hypothèses modestes.
Ne mettez dans ce calcul que les dépenses liées au statut de propriétaire ou les écarts réellement dus au logement. L’eau, l’électricité, le chauffage et l’accès à internet existent aussi en location ; ils doivent être comparés entre le logement actuel et le logement envisagé, pas ajoutés automatiquement comme un coût de propriété. En revanche, une maison mal isolée ou très grande peut entraîner une différence d’énergie importante par rapport à un appartement plus compact. Regardez les deux ou trois dernières années, puis ajoutez une provision réaliste pour les travaux visibles et pour ceux qui approchent en fin de vie.
| Poste à examiner | À retenir dans votre calcul | Document ou donnée à utiliser |
|---|---|---|
| Fiscalité locale | Montant total de taxe foncière figurant sur votre dernier avis, en évitant de compter deux fois les postes inclus | Dernier avis de taxe foncière |
| Assurances et crédit | Assurance habitation ; intérêts du prêt et assurance emprunteur s’il reste un emprunt | Échéancier de prêt et contrat d’assurance |
| Copropriété ou services | Part réellement supportée par le propriétaire, appels de fonds et dépenses non récupérables | Décomptes de charges, procès-verbaux d’assemblée générale |
| Entretien courant | Petites réparations, contrat de chauffage, jardin, ramonage, équipements à entretenir | Relevés bancaires, factures des deux ou trois dernières années |
| Gros travaux | Provision annuelle calculée à partir de devis ou de travaux prévisibles, plutôt qu’un montant oublié jusqu’au jour J | Diagnostics, devis, carnet d’entretien, avis d’artisans |
| Capital immobilisé | Valeur nette de vente estimée × taux d’hypothèse retenu pour votre scénario | Estimations de vente et solde du prêt |
Séparez toujours le coût de trésorerie du coût économique. Les montants dépendent du bien, de la commune et de votre financement.
Garder ou vendre : le comparatif qui fait apparaître les vrais écarts #
Garder sa maison préserve une liberté forte : vous restez dans un environnement connu et vous n’avez ni déménagement ni recherche de logement à subir. Vous évitez aussi les frais et l’incertitude d’une transaction. Cette solution est souvent cohérente lorsque le bien est déjà adapté, proche des services et entretenu régulièrement. Elle devient moins évidente lorsque le budget courant réduit votre marge de sécurité, que les travaux arrivent en même temps ou que le logement est difficile à chauffer, à assurer, à nettoyer ou à rejoindre sans voiture. L’attachement affectif mérite d’être respecté, mais il doit être confronté à ces réalités.
Vendre apporte de la liquidité, c’est-à-dire de l’argent disponible. Cette somme peut financer un logement plus pratique, compléter vos revenus ou constituer une réserve pour des besoins futurs. Mais une vente ne crée pas mécaniquement un gain de niveau de vie. Si vous achetez un autre bien, vous aurez de nouveaux frais d’acquisition et de nouveaux coûts de propriétaire. Si vous devenez locataire, le loyer et ses révisions constituent une dépense durable. La comparaison doit donc porter sur le patrimoine net restant, le budget mensuel et la qualité de vie, pas sur le chèque reçu chez le notaire.
La décision peut aussi être intermédiaire. Vendre une maison devenue trop grande pour acheter plus petit dans le même quartier n’a pas les mêmes conséquences que vendre pour louer près des enfants, ou que conserver une maison en réalisant quelques adaptations. Le comparatif ci-dessous ne désigne pas un vainqueur universel : il montre ce que chaque option vous demande d’assumer. Ajoutez une colonne personnelle avec vos critères non négociables, par exemple la présence d’un extérieur, la possibilité de recevoir à Noël, la proximité d’un médecin ou l’absence totale d’escalier au quotidien.
Conserver ou vendre sa résidence principale
AGarder la maison
- Vous conservez vos repères, votre quartier et la pleine maîtrise de votre logement.
- Vous continuez à supporter fiscalité, entretien, travaux, aléas techniques et éventuel crédit.
- Votre patrimoine reste majoritairement immobilisé dans l’immobilier.
- La solution est solide si le logement est accessible, sobre à entretenir et compatible avec vos revenus.
- Une adaptation ciblée peut coûter moins cher qu’un déménagement, mais doit être chiffrée avant décision.
BVendre la maison
- Vous transformez une part du patrimoine en argent disponible et pouvez choisir un logement plus simple.
- Vous devez organiser la transition, absorber les frais de vente et financer le prochain logement ou le loyer.
- Vous pouvez vous rapprocher des services ou des proches, mais risquez de perdre un cadre de vie apprécié.
- La solution est solide si le bien actuel impose des travaux lourds, isole ou fragilise votre budget.
- Le montant disponible doit être calculé net de tous les coûts, et non à partir du seul prix annoncé.
Gardez si le logement reste facile à vivre et financièrement soutenable ; vendez ou réduisez si son coût, sa localisation ou ses contraintes diminuent concrètement votre liberté de choix.
| Scénario | Ce que vous devez chiffrer | Question décisive |
|---|---|---|
| Conserver et adapter | Coûts annuels actuels, travaux d’adaptation, gros entretien à venir, valeur nette conservée | Les adaptations suffisent-elles à rendre le logement pratique pendant plusieurs années ? |
| Vendre et acheter plus petit | Produit net de vente, prix et frais du nouveau bien, fiscalité locale future, charges et travaux du nouveau logement | Quelle somme reste réellement disponible après deux opérations immobilières ? |
| Vendre et louer | Produit net de vente, loyer charges comprises, dépôt de garantie, déménagement, évolution possible du loyer | La somme disponible peut-elle absorber durablement le loyer sans fragiliser votre budget ? |
Faites les simulations sur cinq puis dix ans, avec les mêmes hypothèses de dépenses et sans supposer automatiquement une hausse du prix de l’immobilier.
Tester l’adaptabilité du logement avant de penser au déménagement #
Un logement adapté est d’abord un logement où les gestes ordinaires restent simples : entrer chez soi, monter ou éviter les marches, se doucher, cuisiner, ouvrir les volets, accéder au courrier, sortir les poubelles et rejoindre les commerces. Faites la visite de votre propre maison avec un regard neuf, idéalement à deux moments : un jour où vous êtes en forme et un jour où vous l’êtes moins. Demandez-vous aussi si une aide à domicile, une personne soignante ou un proche peut y intervenir facilement. Une chambre et une salle d’eau au niveau de vie principal sont souvent plus déterminantes que la superficie totale.
L’environnement compte autant que les murs. Une maison parfaitement confortable mais située loin de toute activité peut devenir restrictive si conduire devient moins facile. À l’inverse, un appartement plus petit près d’un marché, d’un cabinet médical, d’une gare ou d’un réseau de transport peut augmenter l’autonomie quotidienne. Regardez les trajets réellement effectués chaque semaine, pas seulement les distances sur une carte. Faites-les à pied, si possible, et notez les pentes, les passages dangereux, les horaires de bus, le stationnement et l’accès aux soins. Cette enquête de terrain donne souvent plus d’informations qu’une estimation immobilière.
Adapter n’implique pas nécessairement un chantier lourd. Une main courante, un éclairage renforcé, une douche plus sûre, des volets plus faciles à manœuvrer ou la réorganisation d’une pièce peuvent changer l’usage du logement. À l’inverse, créer une salle d’eau au rez-de-chaussée, installer un élévateur ou rénover une maison très dégradée exige une étude technique et financière. Pour examiner pièce par pièce les possibilités, notre guide « Adapter son logement pour y rester longtemps : le guide pièce par pièce » peut compléter cette réflexion. Les aides et critères pouvant évoluer, vérifiez les dispositifs en vigueur auprès de l’Anah et de votre collectivité.
Si vous vendez, calculez la somme réellement libérée et les règles fiscales #
Le montant à comparer n’est pas le prix de vente espéré, mais le produit net disponible. Partez d’une fourchette d’estimations, puis retranchez ce qui restera à votre charge : crédit immobilier à rembourser, indemnités éventuelles liées au remboursement anticipé selon votre contrat, frais d’agence si vous les supportez, diagnostics, frais nécessaires à la vente ou à la levée d’une garantie, ainsi que les dépenses de déménagement. Les frais d’acquisition du prochain logement ne sont pas un coût de vente, mais ils doivent figurer dans le scénario « acheter plus petit ». Demandez au notaire de sécuriser ce chiffrage pour votre dossier concret.
La vente de la résidence principale bénéficie en principe d’une exonération de plus-value immobilière. Cette règle est importante, mais elle ne dispense pas de vérifier votre situation. Le logement doit notamment constituer votre résidence principale au moment de la vente. Lorsque vous avez déjà déménagé, lorsque le bien a été loué, lorsqu’il est détenu dans une situation familiale ou juridique particulière, ou lorsqu’un délai s’écoule avant la vente, l’analyse peut changer. Gardez les justificatifs d’occupation et posez la question au notaire ou à l’administration fiscale avant de signer si votre cas sort de l’ordinaire.
N’oubliez pas non plus le calendrier fiscal courant. La taxe foncière est établie pour l’année au nom du propriétaire au 1er janvier. Dans une vente, vendeur et acheteur peuvent prévoir entre eux une répartition au prorata dans l’acte, mais cette convention ne modifie pas le redevable vis-à-vis de l’administration. Pour une maison en copropriété, lisez aussi les derniers procès-verbaux d’assemblée générale : un ravalement, une réfection de toiture ou un litige voté avant la vente peuvent peser sur la négociation et sur la répartition des dépenses. Ce sont des détails qui modifient parfois fortement le net final.
Mesurer ce que la vente changerait dans votre budget et votre patrimoine #
Une vente peut améliorer votre situation, mais seulement si vous affectez clairement la somme libérée dans la simulation. Une partie peut servir à acheter un logement plus petit ; une autre peut constituer une réserve de sécurité ; le solde peut compléter vos revenus. Inscrivez ces usages séparément. Une somme disponible n’est pas un revenu mensuel automatique : elle s’érode si vous l’utilisez pour payer un loyer, des dépenses de santé, des voyages ou aider la famille. Pour comparer honnêtement, calculez combien d’années votre réserve couvrirait le supplément de dépenses créé ou évité par chaque scénario, sans compter sur une rentabilité incertaine.
La location offre une grande souplesse géographique et vous dispense des gros travaux de propriétaire, sous réserve des réparations locatives qui restent à votre charge. Elle expose toutefois à un loyer régulier et à la nécessité de trouver un logement adapté dans un marché local parfois tendu. Acheter plus petit conserve un ancrage patrimonial, mais ne supprime pas la taxe foncière, les charges, les travaux ni le risque de devoir déménager une seconde fois. La meilleure option dépend donc aussi de l’offre de logements réellement accessible dans la ville où vous souhaitez vivre, pas seulement de votre budget théorique.
L’enjeu de transmission doit être regardé sans tabou. Conserver la maison peut transmettre un bien, mais aussi transmettre une indivision difficile, des travaux ou une maison que personne ne souhaite occuper. Vendre peut simplifier le patrimoine et vous donner les moyens d’organiser des aides de votre vivant, si cela correspond à votre projet. Ces choix ont des conséquences civiles et fiscales qui dépendent de votre famille, de votre régime matrimonial, de l’existence d’enfants de différentes unions ou d’un conjoint. Notre dossier « Préparer sa succession : les décisions à prendre de son vivant » est utile pour poser les bonnes questions avant un rendez-vous notarial.
Décider sans regret : une méthode en trois horizons #
Pour éviter une décision dictée par la fatigue d’un chantier ou l’émotion d’une visite immobilière, raisonnez à trois horizons. À un an, demandez-vous quelles dépenses et quels travaux sont certains. À cinq ans, regardez si le logement sera toujours simple à habiter et si votre budget gardera une marge. À dix ans, ne cherchez pas à tout prévoir : vérifiez seulement que vous ne vous enfermez pas dans un bien difficile à vendre, coûteux à transformer ou trop éloigné de vos ressources quotidiennes. Cette méthode rend visibles les décisions qui peuvent attendre et celles qui doivent être préparées maintenant.
Parlez-en avec les personnes concernées, mais organisez la discussion. Avec votre conjoint, comparez vos priorités respectives : proximité des proches, jardin, autonomie, budget, voyages, héritage. Avec les enfants, dites ce que vous attendez réellement d’eux et ce que vous ne voulez pas leur faire porter. Avec un professionnel, apportez des chiffres : avis de taxe foncière, estimation, charges, prêt, devis de travaux et revenus disponibles. Un notaire éclaire les conséquences juridiques et successorales ; un professionnel du bâtiment ou de l’adaptation évalue les travaux ; un conseiller social local peut orienter vers les aides. Chacun intervient dans son domaine.
Gardez enfin une place pour l’intuition, mais une intuition informée. Une maison peut avoir une valeur affective considérable et rester le meilleur lieu de vie ; cela n’a rien d’irrationnel si son coût et son usage ont été vérifiés. À l’inverse, le désir d’alléger sa vie est un motif parfaitement légitime, même si le bien est familial depuis longtemps. Une bonne décision est celle que vous pouvez expliquer en une phrase claire : « nous restons parce que le logement est adapté et le budget solide » ou « nous vendons pour vivre plus près des services avec une réserve disponible ».
La marche à suivre avant de décider, puis avant de vendre #
Prévoyez un temps de préparation suffisant. Une vente et un déménagement comportent des étapes successives : estimation, diagnostics, choix du mode de vente, recherche d’un autre logement, tri des biens, signature, déménagement et changements d’adresse. Si vous souhaitez acheter après avoir vendu, le calendrier doit aussi sécuriser votre solution de logement entre les deux opérations. Il n’existe pas de délai universel, car le marché local et votre projet comptent beaucoup. En revanche, une règle est constante : mieux vaut préparer les documents et les simulations avant de mettre le bien en vente que négocier dans l’urgence.
Rassemblez vos pièces dans un dossier simple, sur papier ou en version numérique : titre de propriété, échéancier de prêt, dernier avis de taxe foncière, contrats d’assurance, factures et garanties de travaux, diagnostics disponibles, relevés de charges et procès-verbaux de copropriété si vous êtes concerné. Ajoutez les mesures de la maison et la liste des travaux réalisés ou à prévoir. Ces éléments vous servent à calculer votre coût, à demander des estimations sérieuses et à répondre plus facilement aux questions du notaire ou des acheteurs. Ils vous évitent surtout de décider sur des souvenirs approximatifs.
Avant de signer un mandat de vente ou un compromis, relisez votre tableau de scénarios une dernière fois avec les chiffres actualisés. Vérifiez où vous vivrez après la signature, quel sera le coût réel de cette solution et quelle part du prix net restera réellement disponible. Si la maison est détenue à plusieurs, assurez-vous que tous les propriétaires comprennent le projet et les conséquences. Si une vulnérabilité, une procuration ou une difficulté familiale existe, demandez un avis notarial en amont. La vente est une décision patrimoniale importante : elle mérite une vérification juridique avant de devenir irréversible.
La méthode en six étapes
-
Définissez vos critères de vie
Écrivez vos priorités pour un, cinq et dix ans : proximité, extérieur, budget, santé, transports, famille, entretien et besoins d’argent disponible.
-
Calculez votre coût actuel
Additionnez les dépenses de trésorerie des deux ou trois dernières années et créez une provision séparée pour les travaux prévisibles.
-
Faites évaluer le bien
Demandez plusieurs estimations étayées et sollicitez le notaire pour comprendre le produit net dans votre situation.
-
Chiffrez trois scénarios
Comparez garder et adapter, vendre pour acheter plus petit, vendre pour louer, sur cinq puis dix ans avec les mêmes hypothèses.
-
Visitez votre logement et votre quartier autrement
Testez les accès, les escaliers, les trajets utiles et les possibilités d’adaptation ; faites chiffrer les travaux nécessaires.
-
Décidez avant de vous engager
Choisissez l’option la plus robuste, puis seulement après signez un mandat, une promesse ou un compromis.
Les documents à avoir avant le rendez-vous notarial ou les estimations
Vos cases cochées restent enregistrées sur cet appareil.
Sources et vérification
Les informations de cet article ont été établies à partir des ressources officielles suivantes. Les barèmes et plafonds évoluant chaque année, consultez-les avant toute démarche.
- Direction de l'information légale et administrative Démarches et droits des particuliers
- Direction générale des Finances publiques Fiscalité des particuliers et plus-values immobilières
- Agence nationale de l'habitat Aides et adaptation de l'habitat
- Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie Vivre à domicile et accompagnement
- Notaires de France Informations immobilières et notariales
Point de vigilance : Les aides à l’adaptation du logement, les règles fiscales détaillées, les barèmes locaux et les conditions pratiques de vente doivent être vérifiés au moment de votre projet.
- Publié le
- Mis à jour le
- Rédaction
- La rédaction de La Retraite
Vous vous demandez peut-être
Questions fréquentes
Est-ce une bonne idée de vendre sa maison à la retraite ?
Cela peut être une bonne idée si la maison coûte trop cher à entretenir, exige des travaux importants, est mal située ou immobilise un capital dont vous avez besoin. Ce n’est pas automatiquement pertinent si le logement est adapté, facile à vivre et compatible avec vos revenus. Comparez toujours le produit net de vente avec le coût de votre futur logement.
Comment calculer le coût réel de ma maison par an ?
Additionnez la taxe foncière, l’assurance, les charges de copropriété non récupérables, les intérêts de prêt, l’assurance emprunteur, l’entretien courant et une provision pour les gros travaux. Vous pouvez ensuite ajouter un coût théorique du capital immobilisé pour comparer avec une vente. Ne comptez pas le remboursement du capital du prêt comme une dépense définitive : il augmente votre part de propriété.
Faut-il vendre sa maison pour louer à la retraite ?
Louer peut apporter de la souplesse et vous éviter les gros travaux, mais crée un loyer durable et dépend de l’offre locale de logements adaptés. La vente n’est intéressante que si le produit net, après tous les frais, vous laisse une réserve suffisante pour assumer ce loyer dans le temps. Comparez ce scénario avec l’achat d’un logement plus petit et avec l’adaptation de votre maison actuelle.
La vente de ma résidence principale est-elle imposable ?
La plus-value réalisée lors de la vente de votre résidence principale est en principe exonérée d’impôt. Cette exonération dépend toutefois de votre situation réelle, notamment de l’occupation du logement comme résidence principale au moment de la vente. En cas de déménagement avant la vente, de location du bien ou de situation particulière, vérifiez la règle sur Impots.gouv.fr ou avec votre notaire.
Qui paie la taxe foncière quand une maison est vendue ?
Vis-à-vis de l’administration fiscale, la taxe foncière est due par la personne propriétaire au 1er janvier de l’année concernée. L’acte de vente peut prévoir une répartition entre vendeur et acheteur au prorata du temps d’occupation. Cette répartition est une convention entre les parties et ne change pas le redevable désigné par l’administration.
Comment savoir si ma maison est adaptée pour vieillir chez moi ?
Examinez les accès, les marches, la présence d’une salle d’eau et d’une chambre au niveau principal, l’éclairage, les volets, le chauffage et la facilité d’entretien. Testez aussi les trajets vers les commerces, les soins, les transports et vos proches. Un professionnel de l’adaptation ou un ergothérapeute peut aider à évaluer les aménagements utiles dans votre situation.
Combien faut-il garder de côté après avoir vendu sa maison ?
Il n’existe pas de montant universel, car tout dépend de vos pensions, du coût du futur logement, de votre santé et de vos projets. La réserve doit au minimum couvrir les imprévus et les dépenses que la vente crée éventuellement, notamment un loyer ou un achat plus coûteux que prévu. Faites une simulation sur cinq et dix ans avant de décider d’utiliser ou de transmettre une partie du produit de vente.
Mes enfants peuvent-ils m’empêcher de vendre ma maison ?
Si vous êtes seul propriétaire et en capacité de décider, vos enfants ne peuvent pas vous empêcher de vendre votre bien. Si le logement appartient à plusieurs personnes, l’accord des propriétaires concernés est nécessaire. En cas de mesure de protection, de démembrement de propriété ou de difficulté familiale, consultez un notaire avant toute signature.
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