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Patrimoine & Transmission

Divorcer après 60 ans : ce que cela change vraiment pour votre retraite, votre logement et vos droits

Un divorce après 60 ans ne ressemble pas à un divorce à 35 ans : la carrière est derrière, la pension est fixée, et le patrimoine du couple tient souvent dans un seul bien. Contrairement à une idée tenace, les pensions de retraite ne se partagent pas en France. Voici ce qui se partage réellement, ce qui se compense, ce que vous conservez malgré la séparation, et l’ordre dans lequel avancer.

16 min de lecture 3 246 mots Mis à jour le
Femme d’une soixantaine d’années assise seule sur un banc de jardin public, le regard posé au loin, dans la lumière dorée de l’après-midi
Femme d’une soixantaine d’années assise seule sur un banc de jardin public, le regard posé au loin, dans la lumière dorée de l’après-midi

L’essentiel en 30 secondes

L’essentiel à retenir

Lecture complète : 16 min
  • En France, un divorce ne partage pas les droits à la retraite : chacun conserve intégralement les trimestres, les points et la pension qu’il a personnellement acquis, quelle que soit la durée du mariage.
  • Le seul levier qui corrige l’écart de pension entre les ex-conjoints est la prestation compensatoire, que le juge fixe en tenant compte expressément de la situation respective en matière de retraite.
  • L’ex-conjoint divorcé conserve son droit à la pension de réversion au régime général, calculée au prorata de la durée du mariage, et le remariage ne le lui fait pas perdre, contrairement à l’Agirc-Arrco.
  • Le divorce révoque de plein droit la donation au dernier vivant, mais il ne corrige pas une clause bénéficiaire d’assurance-vie où l’ex-conjoint est désigné par son nom : ce document doit être refait à la main.
  • L’imposition devient séparée pour l’année entière du divorce : le passage de deux parts à une modifie le taux de CSG sur la pension et les exonérations d’impôts locaux, parfois dans le bon sens.
  • La liquidation du régime matrimonial est un préalable, pas une formalité de fin : elle conditionne le sort du logement et suppose l’intervention d’un notaire dès qu’un bien immobilier est en jeu.

Ce que le divorce ne fait pas : vos pensions ne se partagent pas #

C’est la première chose à savoir, et elle surprend presque toujours. En France, la retraite n’entre pas dans le partage du divorce. Les trimestres validés, les points Agirc-Arrco accumulés, la pension liquidée ou à venir restent la propriété exclusive de celui qui les a acquis. Aucun juge ne peut décider que la moitié de votre pension sera versée à votre ex-conjoint, et aucun organisme de retraite n’exécuterait une telle décision. Cette règle vaut quelle que soit la durée du mariage : quarante ans de vie commune ne créent aucun droit sur la pension de l’autre.

Cette solution n’a rien d’universel. L’Allemagne, la Suisse ou les Pays-Bas pratiquent au contraire un partage des droits acquis pendant le mariage : la caisse redistribue une part des droits du conjoint le mieux doté vers l’autre. La France a fait un choix différent, en confiant la correction non pas aux caisses de retraite, mais au juge, à travers la prestation compensatoire. La conséquence pratique est lourde : la personne qui a réduit ou interrompu son activité pour élever les enfants sort du mariage avec une pension durablement inférieure, et cette perte ne sera compensée que si elle est demandée et chiffrée pendant la procédure.

0 %

part de la pension d’un ex-conjoint qui peut être transférée à l’autre au titre du divorce, en France

aucun mécanisme de partage des droits à retraite n’existe en droit français

55 ans

âge minimal pour demander la réversion au régime général, ex-conjoint divorcé compris

lassuranceretraite.fr

54 %

taux de la pension de réversion au régime général, partagé au prorata des durées de mariage

lassuranceretraite.fr

La prestation compensatoire : le seul levier qui corrige l’écart de retraite #

La prestation compensatoire est destinée à compenser, autant que possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives. Le code civil énumère les critères que le juge doit prendre en compte, et l’un d’eux vise expressément la situation des époux en matière de pensions de retraite, ainsi que les conséquences des choix professionnels faits pendant la vie commune pour l’éducation des enfants. Après 60 ans, ce critère devient central : il n’est plus question de « rebondir » professionnellement, la pension est connue ou proche de l’être, et l’écart est mesurable au centime près.

Le chiffrage est donc un travail de dossier, pas une négociation à l’aveugle. Demandez à chacun son relevé de carrière et son estimation indicative globale sur info-retraite.fr, comparez les montants de pension à taux plein, et documentez ce qui explique l’écart : années à temps partiel, congé parental, mutations suivies, aide à l’entreprise du conjoint sans statut. Un relevé de carrière qui montre huit années à deux trimestres pèse davantage devant un juge qu’une affirmation générale sur les sacrifices consentis.

La forme du versement compte autant que le montant. Le principe est le capital : une somme versée en une fois, l’abandon d’un bien, ou un versement échelonné sur huit ans au maximum lorsque le débiteur ne peut pas payer immédiatement. La rente viagère reste possible, mais à titre exceptionnel, lorsque l’âge ou l’état de santé du créancier ne lui permet pas de subvenir à ses besoins, une hypothèse justement plus fréquente après 60 ans. Chaque forme a sa fiscalité, et l’écart net entre deux montages apparemment équivalents peut atteindre plusieurs milliers d’euros.

Prestation compensatoire : formes possibles et traitement fiscal
FormeCe qu’elle impliquePour celui qui versePour celui qui reçoit
Capital versé dans les 12 mois du jugement définitifSomme d’argent versée en une fois ou en quelques échéances rapprochéesRéduction d’impôt de 25 % des versements, dans la limite d’un plafond légal de 30 500 € de versements au moment de la rédactionNon imposable
Abandon d’un bien ou de droitsTransfert de la maison, de sa part d’indivision ou d’un portefeuilleMême régime que le capital ; droits de partage ou frais d’acte à prévoirNon imposable, mais fiscalité propre au bien reçu en cas de revente
Capital échelonné sur plus de 12 moisVersements périodiques sur huit ans au maximumDéductible du revenu imposableImposable comme une pension
Rente viagèreVersement mensuel jusqu’au décès du créancier, réservé aux situations d’âge ou de santéDéductible du revenu imposableImposable comme une pension, et prise en compte dans les ressources pour les aides sociales

Régime au moment de la rédaction : plafond de la réduction d’impôt et modalités à revérifier auprès de votre avocat ou de impots.gouv.fr avant de figer un accord.

La pension de réversion : un droit qui survit au divorce #

Voici la bonne nouvelle que beaucoup ignorent : divorcer ne vous prive pas de la pension de réversion de votre ex-conjoint. Au décès de celui-ci, vous pourrez demander la réversion au régime général comme si vous étiez resté marié, sous réserve des conditions habituelles d’âge, 55 ans, et de ressources. Le montant est simplement partagé entre les conjoints successifs, au prorata de la durée respective de chaque mariage rapportée à la durée totale des mariages. Vingt-cinq ans de mariage sur trente-cinq années de vie conjugale de votre ex-conjoint vous donnent droit à un peu plus de 70 % de la réversion.

Attention, les régimes ne se comportent pas de la même façon, et c’est là que se logent les mauvaises surprises. Au régime général, votre remariage ne vous fait pas perdre le droit à la réversion de votre premier conjoint, mais les revenus de votre nouveau ménage entrent dans le calcul de la condition de ressources et peuvent, eux, l’annuler. À l’Agirc-Arrco, le raisonnement est inverse : il n’y a pas de condition de ressources, mais le remariage fait purement et simplement perdre le droit. Un remariage après 60 ans mérite donc d’être examiné à froid, chiffres en main.

Réversion après un divorce : ce que prévoit chaque régime
RégimeDroit de l’ex-conjoint divorcéEffet du remariageCondition de ressources
Régime général (Carsat) et régimes alignésConservé, au prorata de la durée du mariageLe droit est maintenu, mais les ressources du nouveau ménage sont prises en compteOui, plafond annuel de l’ordre de 24 700 € pour une personne seule, à vérifier
Agirc-Arrco (complémentaire des salariés)Conservé, au prorata de la durée du mariageLe droit est perduNon
Fonction publiqueConservé, au prorata de la durée du mariageLe droit est perdu en cas de remariage, de PACS ou de concubinageNon, mais règles propres à vérifier auprès du service des retraites de l’État
Indépendants, artisans et commerçantsAligné sur le régime général pour la base ; règles propres pour la complémentaireVariable selon le régime complémentaireOui pour la part de base

Le taux de réversion est de 54 % au régime général et de 60 % à l’Agirc-Arrco. Conditions et plafonds à vérifier auprès de chaque caisse, ils évoluent chaque année.

Le logement : le vrai sujet du divorce après 60 ans #

Passé 60 ans, la maison est souvent le seul actif significatif du couple, et elle est presque toujours payée. Le divorce pose alors une question brutale : ce bien unique doit-il financer deux logements ? Quatre issues seulement existent. Vendre et partager le prix ; l’attribuer à l’un des deux, qui verse une soulte à l’autre ; le conserver en indivision pendant un temps déterminé ; ou l’attribuer à l’un au titre de la prestation compensatoire. Chacune a un coût, un délai et des conséquences fiscales différentes.

La soulte est la solution la plus demandée et la plus souvent impossible. Racheter la part de l’autre suppose de disposer de la moitié de la valeur du bien, ou d’emprunter, et un emprunt immobilier après 60 ans se heurte à la durée et surtout au coût de l’assurance emprunteur, qui grimpe fortement avec l’âge et les antécédents de santé. Avant de bâtir un accord sur une soulte, faites chiffrer le financement par votre banque : mieux vaut découvrir l’obstacle avant la signature de la convention qu’après.

L’indivision maintenue quelques années séduit parce qu’elle repousse la décision. Elle a un prix : les deux ex-conjoints restent liés sur la gestion, les travaux et les charges du bien, et chacun peut en principe provoquer le partage à tout moment. Une convention d’indivision notariée, à durée déterminée, encadre cette période et évite que la maison ne devienne un terrain de conflit permanent. C’est un compromis raisonnable quand l’un des deux souhaite rester quelques années avant un déménagement déjà envisagé.

Garder le logement ou vendre : les deux logiques

AL’un garde la maison

  • Continuité du cadre de vie, du voisinage et des repères
  • Suppose une soulte payable comptant ou empruntable
  • L’assurance emprunteur devient le poste décisif après 60 ans
  • Les charges et les travaux futurs pèsent sur un seul revenu
  • Le patrimoine reste immobilisé dans un bien peu liquide

BVendre et partager

  • Chacun repart avec une somme disponible immédiatement
  • Aucune plus-value imposable sur la résidence principale
  • Permet à chacun d’acheter plus petit ou de constituer une épargne
  • Double déménagement et double recherche de logement en même temps
  • Rupture du cadre de vie, à un moment déjà éprouvant

Le bon arbitrage se fait sur le coût annuel réel du logement rapporté à la pension de celui qui resterait, pas sur l’attachement au bien. Une maison qui consommait 20 % du revenu d’un couple peut en consommer 40 % du revenu d’une personne seule : c’est ce chiffre-là qu’il faut poser avant tout accord.

Liquider le régime matrimonial : les points qui coincent #

La liquidation consiste à séparer ce qui appartient à chacun et ce qui appartient aux deux. Sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts, celui de la grande majorité des couples mariés sans contrat, les biens acquis pendant le mariage sont communs, ceux reçus par donation ou succession restent propres. La difficulté surgit quand les deux se sont mélangés : un héritage encaissé sur le compte joint, des travaux financés par des fonds propres dans un bien commun, un apport personnel dans l’achat de la maison. Chacune de ces situations donne lieu à une créance entre époux, et chacune se prouve par des relevés.

L’épargne mérite une attention particulière. Un contrat d’assurance-vie souscrit pendant le mariage avec des fonds communs, et non dénoué au jour du divorce, voit en principe sa valeur de rachat entrer dans la communauté à partager, même s’il ne porte que le nom d’un seul époux. Le même raisonnement s’applique à un plan d’épargne retraite alimenté avec des revenus du couple. Ces contrats sont souvent oubliés parce qu’ils sont individuels par nature : ils représentent parfois plus que la moitié du patrimoine liquide.

Les documents à rassembler avant le premier rendez-vous

Vos cases cochées restent enregistrées sur cet appareil.

Impôts, santé, aides : ce qui change dès l’année du divorce #

Sur le plan fiscal, le divorce entraîne une imposition séparée pour l’année entière : chacun dépose sa propre déclaration, pour la totalité de ses revenus. Le foyer passe de deux parts à une. Mécaniquement, la tranche marginale peut monter, mais l’effet sur les dispositifs de ressources est parfois inverse et favorable : un revenu fiscal de référence individuel plus bas peut faire basculer vers un taux de CSG réduit sur la pension, ou ouvrir droit à des exonérations d’impôts locaux, voyez les conditions de l’exonération de taxe foncière après 65 ans.

La couverture santé change également, et le trou est réel. Celui des deux qui était couvert comme ayant droit sur la complémentaire santé de l’autre perd cette qualité au divorce. Il doit souscrire un contrat individuel, dont le tarif après 60 ans se situe couramment entre 80 et 180 € par mois selon les garanties et le département. Cette dépense nouvelle doit figurer dans le budget prévisionnel présenté pendant la procédure : elle représente, sur une année, l’équivalent d’un mois de pension pour beaucoup de foyers.

Enfin, la séparation ouvre parfois des droits que le couple n’avait pas. Une personne seule avec une petite pension peut devenir éligible à l’allocation de solidarité aux personnes âgées, à des aides au logement, ou à une aide à l’adaptation du domicile, là où les ressources du couple les excluaient toutes les deux. Ces droits ne sont jamais attribués d’office : faites un point complet sur mesdroitssociaux.gouv.fr une fois le divorce prononcé et les revenus stabilisés, puis un second point l’année suivante, quand le revenu fiscal de référence individuel aura été établi.

La procédure : quatre voies, deux rythmes très différents #

Quand les deux époux sont d’accord sur le principe et sur toutes les conséquences, le divorce par consentement mutuel se règle sans juge : chacun est assisté de son propre avocat, la convention est signée après un délai de réflexion incompressible de quinze jours, puis déposée au rang des minutes d’un notaire. Compter généralement de deux à quatre mois lorsqu’aucun bien immobilier n’est en jeu, davantage dès qu’un état liquidatif notarié devient nécessaire, ce qui est la règle quand le couple possède un logement.

Quand l’accord n’est pas complet, le divorce passe par le juge, selon trois voies : le divorce accepté, où les époux s’accordent sur le principe mais pas sur les conséquences ; le divorce pour altération définitive du lien conjugal, ouvert après une séparation d’au moins un an ; et le divorce pour faute, le plus long et le plus coûteux. Dans tous les cas, le juge peut fixer des mesures provisoires dès le début de la procédure : jouissance du logement, pension au titre du devoir de secours, gestion des comptes. Ces mesures durent parfois plusieurs années, elles ne sont pas accessoires.

L’ordre des opérations, de la décision au divorce prononcé

  1. Faire l’inventaire chiffré avant de consulter

    Patrimoine, dettes, revenus actuels et pensions futures des deux côtés. Un avocat travaille beaucoup mieux, et plus vite, avec un dossier chiffré qu’avec un récit.

  2. Demander les deux estimations de retraite

    Sur info-retraite.fr, chacun télécharge son relevé de carrière et son estimation indicative globale. L’écart de pension est la pièce maîtresse du dossier de prestation compensatoire.

  3. Consulter un avocat, chacun le sien

    Même en consentement mutuel, la loi impose un avocat par époux. Un premier rendez-vous permet de savoir quelle voie procédurale est réaliste et quel ordre de grandeur attendre.

  4. Faire évaluer le bien immobilier

    Deux avis de valeur d’agences, ou une expertise si le désaccord est net. C’est cette valeur qui déterminera la soulte, le partage et le droit de partage à payer.

  5. Arbitrer la forme de la prestation compensatoire

    Capital, abandon de bien ou rente : comparez les montants nets après fiscalité, pas les montants bruts. L’écart entre deux montages équivalents en apparence se compte en milliers d’euros.

  6. Passer chez le notaire pour la liquidation

    Dès qu’un bien immobilier est en jeu, l’état liquidatif notarié est requis. Il fige la répartition, calcule les créances entre époux et le droit de partage.

  7. Mettre à jour tous vos actes le mois suivant

    Clauses bénéficiaires, testament, mandat de protection future, coordonnées auprès des caisses de retraite, complémentaire santé, banque. C’est l’étape que personne ne fait, et celle qui produit les litiges dix ans plus tard.

Un dernier mot sur ce que les chiffres ne disent pas. Un divorce après 60 ans, c’est aussi un réseau social qui se coupe en deux, des enfants adultes qui prennent parti sans qu’on le leur demande, et un logement qui devient silencieux. Les études sur la qualité de vie après 60 ans convergent sur un point : c’est l’isolement, bien plus que la baisse de revenus, qui pèse le plus lourd dans les années qui suivent une séparation. Reconstruire un cercle, associations, activités, voisinage, n’est pas un supplément d’âme : c’est la partie du travail qu’aucun acte notarié ne fera à votre place.

Sources et vérification

Les informations de cet article ont été établies à partir des ressources officielles suivantes. Les barèmes et plafonds évoluant chaque année, consultez-les avant toute démarche.

Point de vigilance : Plafond de la réduction d’impôt sur la prestation compensatoire en capital (30 500 € de versements) et taux du droit de partage (1,1 %) à revérifier ; plafond de ressources de la réversion au régime général et taux de réversion des différents régimes revalorisés chaque année ; règles de perte du droit en cas de remariage à confirmer auprès de chaque caisse.

Publié le
Mis à jour le
Rédaction
La rédaction de La Retraite

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Questions fréquentes

Est-ce que la retraite se partage en cas de divorce ?

Non. En France, les droits à la retraite, trimestres, points, pension liquidée, restent la propriété exclusive de celui qui les a acquis, quelle que soit la durée du mariage. Aucun juge ne peut ordonner le transfert d’une partie de la pension d’un ex-conjoint à l’autre, contrairement à ce qui se pratique en Allemagne ou en Suisse. Le seul mécanisme de correction est la prestation compensatoire, qui doit être demandée pendant la procédure.

Ai-je droit à la pension de réversion de mon ex-mari ou de mon ex-femme ?

Oui. Le divorce ne supprime pas le droit à la réversion : au décès de votre ex-conjoint, vous pouvez la demander comme si le mariage avait duré, sous les conditions habituelles d’âge (55 ans au régime général) et de ressources. Le montant est partagé entre les conjoints successifs au prorata de la durée respective de chaque mariage. Personne ne vous préviendra du décès ni de votre droit : c’est à vous de faire la demande.

Si je me remarie, est-ce que je perds la réversion de mon premier conjoint ?

Cela dépend du régime. Au régime général, le remariage ne fait pas perdre le droit, mais les ressources de votre nouveau ménage entrent dans le calcul de la condition de ressources et peuvent l’annuler dans les faits. À l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique, le remariage fait au contraire perdre le droit purement et simplement. Avant un remariage après 60 ans, faites chiffrer précisément ce que vous perdriez auprès de chaque caisse.

Comment est calculée une prestation compensatoire quand on divorce à la retraite ?

Le juge apprécie la disparité créée par la rupture en tenant compte de la durée du mariage, de l’âge et de l’état de santé de chacun, du patrimoine estimé après liquidation, et expressément de la situation respective en matière de pensions de retraite. Après 60 ans, l’écart de pension mensuelle est la donnée centrale : il se documente avec les deux relevés de carrière et les deux estimations issues de info-retraite.fr. Il n’existe pas de barème officiel, mais des pratiques de juridiction que votre avocat connaît.

Qui garde la maison lors d’un divorce après 60 ans ?

Rien n’est automatique. Quatre issues existent : la vente avec partage du prix, l’attribution à l’un contre le versement d’une soulte à l’autre, le maintien temporaire en indivision encadré par une convention notariée, ou l’attribution du bien au titre de la prestation compensatoire. Le point de blocage le plus fréquent est le financement de la soulte : après 60 ans, l’assurance emprunteur renchérit fortement le crédit. Faites chiffrer ce financement avant de bâtir un accord dessus.

Mon assurance-vie est-elle concernée par le divorce ?

Deux fois, et pour des raisons différentes. D’abord, un contrat souscrit pendant le mariage avec des fonds communs et non dénoué voit en principe sa valeur de rachat entrer dans la liquidation du régime matrimonial, même s’il ne porte qu’un seul nom. Ensuite, la clause bénéficiaire qui désigne votre ex-conjoint par son nom reste valable après le divorce : elle doit être refaite par écrit auprès de l’assureur, faute de quoi le capital lui reviendra à votre décès.

Combien de temps prend un divorce après 60 ans ?

En consentement mutuel, comptez généralement de deux à quatre mois lorsqu’il n’y a pas de bien immobilier, et plutôt quatre à huit mois lorsqu’un état liquidatif notarié est nécessaire. Devant le juge, la durée dépend de la voie choisie et de l’encombrement de la juridiction : de un à trois ans est courant pour un divorce contentieux. Les mesures provisoires, jouissance du logement, devoir de secours, s’appliquent pendant tout ce temps.

Le divorce change-t-il mes impôts et ma complémentaire santé ?

Oui, dès l’année du divorce : chacun est imposé séparément pour l’ensemble de l’année et le foyer passe de deux parts à une. L’effet n’est pas toujours défavorable, un revenu fiscal de référence individuel plus bas peut ouvrir un taux de CSG réduit ou une exonération d’impôts locaux. En revanche, celui qui était couvert comme ayant droit sur la complémentaire santé de l’autre la perd et doit souscrire un contrat individuel, souvent entre 80 et 180 € par mois après 60 ans.

Que faut-il refaire une fois le divorce prononcé ?

Les clauses bénéficiaires de tous vos contrats d’assurance-vie et de votre plan d’épargne retraite, votre testament, votre mandat de protection future, la désignation de votre personne de confiance, ainsi que vos coordonnées bancaires auprès des caisses de retraite. Le divorce révoque de plein droit la donation au dernier vivant, mais il ne corrige pas une désignation nominative : traitez chaque contrat un par un, dans le mois qui suit, plutôt que de supposer que tout s’est mis à jour tout seul.

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