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Pension & Droits Guide de référence

Comment est calculée votre pension de retraite : le guide complet

Votre pension n’est pas un pourcentage unique de votre dernier salaire. Elle additionne une retraite de base, souvent calculée sur vos 25 meilleures années, et une complémentaire fondée sur vos points. Ce guide vous permet de lire la formule, d’identifier les trimestres qui comptent et de vérifier, chiffres à l’appui, ce qui déterminera votre date de départ et votre montant brut.

22 min de lecture 4 466 mots Mis à jour le
Couple français consultant calmement des informations de retraite sur un ordinateur à leur domicile.
Couple français consultant calmement des informations de retraite sur un ordinateur à leur domicile.

L’essentiel en 30 secondes

L’essentiel à retenir

Lecture complète : 22 min
  • Pour un salarié du privé, la pension de base suit en principe cette formule : salaire annuel moyen des 25 meilleures années × taux × durée d’assurance au régime général ÷ durée de référence de votre génération.
  • Le taux plein de la retraite de base est de 50 %, mais il faut avoir atteint l’âge légal et réuni la durée d’assurance requise, ou attendre 67 ans pour éviter la décote sur le taux.
  • La retraite complémentaire Agirc-Arrco ne dépend pas des 25 meilleures années : son montant annuel correspond au nombre total de points acquis multiplié par la valeur de service du point en vigueur.
  • Partir avec des trimestres manquants peut réduire votre pension de base de deux manières : par une décote sur le taux et par une proratisation liée à votre durée d’assurance dans le régime.
  • Le minimum contributif, les majorations pour enfants et la pension de réversion obéissent à des conditions propres ; ils ne doivent pas être supposés acquis sans vérification de votre dossier.
  • Le montant affiché lors de la demande est brut : les prélèvements sociaux et l’impôt sur le revenu déterminent ensuite ce qui arrive réellement sur votre compte.

25 années

Nombre d’années retenues au maximum pour le salaire annuel moyen au régime général

Assurance retraite

50 %

Taux plein de la pension de base du régime général

Assurance retraite

4 trimestres

Nombre maximal de trimestres validables par année civile, tous régimes confondus

Info Retraite

67 ans

Âge du taux plein automatique au régime général, même si la durée requise n’est pas atteinte

Assurance retraite

54 % / 60 %

Taux de réversion de principe au régime général et à l’Agirc-Arrco

Assurance retraite et Agirc-Arrco

La pension est l’addition de plusieurs droits, pas une seule formule #

Pour une personne ayant travaillé comme salariée du secteur privé, le montant versé chaque mois réunit généralement deux étages. La retraite de base est gérée par l’Assurance retraite, ou par la Mutualité sociale agricole pour les salariés agricoles. La retraite complémentaire relève principalement de l’Agirc-Arrco. Les deux pensions sont demandées dans la même démarche en ligne, mais elles ne se calculent pas de la même façon. La première dépend notamment de vos salaires revalorisés, de votre âge et de vos trimestres. La seconde dépend surtout des points inscrits tout au long de votre carrière.

Le raisonnement commence donc par distinguer trois questions. Premièrement, avez-vous le droit de partir à la date souhaitée, compte tenu de votre âge légal ou d’un départ anticipé ? Deuxièmement, partirez-vous au taux plein, avec une décote, ou après avoir acquis une surcote ? Troisièmement, quels salaires et quels points figurent réellement sur votre relevé de carrière ? Une erreur sur une période de chômage, un congé parental, un emploi saisonnier ou une activité à l’étranger peut influer sur l’une de ces questions, parfois sur plusieurs à la fois.

La formule détaillée dans ce guide est celle qui concerne le plus grand nombre de lecteurs : une carrière de salarié du privé relevant du régime général et de l’Agirc-Arrco. Elle ne s’applique pas telle quelle aux fonctionnaires, dont la pension civile est principalement calculée sur le traitement indiciaire des six derniers mois, ni à certains régimes spéciaux, professions libérales ou exploitants agricoles. Une carrière mêlant plusieurs régimes reste cependant tout à fait calculable : chaque régime attribue sa part, puis les pensions s’additionnent. Le service officiel tient compte de cette pluralité.

Deux logiques de calcul à ne pas confondre

ASalarié du privé : régime général et Agirc-Arrco

  • Pension de base : moyenne des meilleures années, taux et trimestres.
  • Pension complémentaire : total de points acquis durant la carrière.
  • Les primes et salaires soumis à cotisations alimentent les droits selon les règles de chaque étage.
  • La formule détaillée dans ce guide correspond principalement à cette situation.

BFonction publique et autres régimes

  • Les règles de référence peuvent être différentes, par exemple les six derniers mois de traitement dans la fonction publique.
  • Les primes, bonifications et droits complémentaires ont des règles propres.
  • La durée d’assurance commune reste importante pour le taux plein et l’âge de départ.
  • Il faut consulter le relevé et l’estimation de chaque régime concerné.

Avant de faire un calcul, identifiez les régimes inscrits sur votre relevé de carrière : appliquer la formule du privé à toute une carrière peut donner une estimation fausse.

L’âge légal ouvre le droit à demander sa retraite ; il ne garantit pas un montant sans réduction. Pour les personnes nées à partir de 1968, il est fixé à 64 ans. Pour les générations précédentes, il augmente progressivement. À cet âge, votre pension de base est calculée au taux plein de 50 % si vous totalisez la durée d’assurance exigée pour votre année de naissance, tous régimes de base confondus. Les trimestres de chômage indemnisé, maladie, maternité, service national ou éducation des enfants peuvent compter, sous conditions, même sans cotisations versées durant la période.

Vous ne pouvez jamais valider plus de quatre trimestres par année civile, même si vous avez eu plusieurs employeurs ou cumulé emploi salarié et activité indépendante. Les trimestres sont validés selon un seuil de revenu soumis à cotisations, et non selon le nombre de mois travaillés. Quatre trimestres peuvent donc être acquis avec une activité concentrée sur une partie de l’année. À l’inverse, un emploi de courte durée ou faiblement rémunéré peut ne pas en produire quatre. Il faut distinguer ces trimestres des points Agirc-Arrco : ce sont deux compteurs différents.

Si vous partez à l’âge légal avec des trimestres manquants, l’Assurance retraite compare deux écarts : le nombre de trimestres qui vous sépare de la durée requise et celui qui vous sépare de 67 ans. Elle retient le nombre le plus favorable pour calculer la décote. À 67 ans, la décote disparaît automatiquement : le taux revient à 50 %. Cela ne signifie pas que la pension atteint mécaniquement son maximum, car la durée effectuée dans le régime général continue d’intervenir dans la proratisation de la pension.

Âge légal et durée d’assurance de référence selon l’année de naissance
Année de naissanceÂge légal de départDurée d’assurance exigée pour le taux plein
Avant le 1er septembre 196162 ans168 trimestres pour la génération 1961
Du 1er septembre au 31 décembre 196162 ans et 3 mois169 trimestres
196262 ans et 6 mois169 trimestres
196362 ans et 9 mois170 trimestres
196463 ans171 trimestres
196563 ans et 3 mois172 trimestres
196663 ans et 6 mois172 trimestres
196763 ans et 9 mois172 trimestres
À partir de 196864 ans172 trimestres

Ces repères concernent le droit commun. Carrière longue, handicap, incapacité permanente et certains emplois exposés peuvent ouvrir un départ avant l’âge légal, sous conditions précises.

La formule de la pension de base, terme par terme #

Pour un salarié relevant du régime général, la formule usuelle est la suivante : salaire annuel moyen × taux × durée d’assurance au régime général ÷ durée de référence. Le résultat est un montant annuel brut, ensuite versé mensuellement. Chaque terme répond à une question distincte. Le salaire annuel moyen répond à « quels salaires sont retenus ? ». Le taux répond à « partez-vous au taux plein ? ». Le rapport de durée répond à « quelle part de votre carrière a été accomplie dans ce régime ? ». Une simulation sérieuse doit donc afficher chacun de ces éléments.

Le salaire annuel moyen, souvent appelé SAM, correspond en principe à la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus soumis à cotisations, pour les générations auxquelles cette règle s’applique. Les salaires de chaque année sont revalorisés avant la sélection afin de tenir compte de l’évolution des prix. Ils sont aussi retenus dans la limite du plafond de la Sécurité sociale applicable à l’époque. Ce plafond et les coefficients de revalorisation évoluent ; l’outil officiel les applique automatiquement. Les années les moins favorables sont écartées lorsque vous avez au moins 25 années prises en compte.

Le taux plein est de 50 %. Sans la durée requise, une décote réduit ce taux de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Présenté autrement, chaque trimestre manquant enlève 0,625 point à un taux de départ de 50 %. Huit trimestres manquants conduisent ainsi à un taux de 45 %, avant même le calcul du rapport de durée. Le taux plein peut aussi être obtenu à 67 ans, mais la fraction de carrière relevant du régime général reste prise en compte dans la formule.

La dernière fraction est souvent mal comprise. Si vous avez tous vos trimestres tous régimes confondus, mais seulement une partie de votre carrière au régime général, celui-ci ne paie que sa part. Par exemple, 150 trimestres au régime général pour une durée de référence de 171 donnent un coefficient de 150 ÷ 171. Les trimestres accomplis dans un autre régime ne disparaissent pas : ils peuvent vous ouvrir le taux plein et donnent lieu à une pension auprès de cet autre régime. Ils ne sont simplement pas tous payés par le régime général.

Les éléments de la formule de base et leur effet sur le montant
ÉlémentComment il est déterminéEffet si l’élément est faible ou incomplet
Salaire annuel moyen25 meilleures années de salaires revalorisés, avec un plafond annuelDes années peu rémunérées ou une carrière courte peuvent abaisser la moyenne retenue.
Taux50 % au taux plein ; réduit par une décote si vous partez avant d’avoir les conditionsUn départ avec trimestres manquants peut réduire durablement le taux de la pension.
Durée au régime généralTrimestres validés dans le régime général ou régime aligné selon votre situationUne carrière partagée entre régimes réduit la part payée par le régime général, sans annuler les autres pensions.
Durée de référenceNombre de trimestres exigés pour votre générationPlus cette durée est élevée, plus il faut de trimestres dans le régime pour atteindre une fraction de 1.

Pour une carrière mêlant régime général, MSA salariée et régime des indépendants, les règles de liquidation unique des régimes alignés peuvent modifier la présentation du calcul. L’estimation officielle reste la référence.

La complémentaire Agirc-Arrco : une pension calculée avec vos points #

Pour les salariés du privé, la pension Agirc-Arrco complète la pension de base. Sa formule est plus directe : nombre total de points × valeur de service du point. Le nombre de points résulte des cotisations prélevées sur vos rémunérations au fil des années, selon les paramètres applicables à chaque période. Depuis l’unification des régimes des salariés et des cadres, il n’existe plus de régime Agirc séparé pour les droits nouvellement acquis. Ce sont vos points Agirc-Arrco, quelle que soit votre ancienne catégorie, qui sont additionnés dans votre relevé.

Contrairement à la pension de base, l’Agirc-Arrco ne retient pas seulement 25 années. Une année de faible salaire peut donner peu de points, mais elle n’est pas éliminée par une sélection des meilleures années. Certaines périodes d’arrêt de travail, de chômage indemnisé ou de maternité peuvent également ouvrir des points sans activité, sous conditions et sur transmission des données. Il faut donc contrôler le total annuel de points, surtout lorsque vous avez connu chômage, temps partiel, changement d’employeur ou interruption d’activité.

La valeur de service du point est fixée et peut évoluer. Pour une estimation, utilisez celle affichée au moment de votre consultation sur le site officiel plutôt qu’une valeur ancienne trouvée dans un article ou un tableau. Les règles de départ comptent aussi : lorsque la retraite de base est liquidée avec une décote, la complémentaire peut elle aussi être minorée selon ses propres règles. À l’inverse, travailler au-delà de l’obtention du taux plein peut procurer de nouveaux points, mais ne déclenche pas la même surcote que la pension de base.

Ce que rémunère chaque étage de retraite

APension de base

  • Elle s’appuie sur un salaire annuel moyen, un taux et des trimestres.
  • Les 25 meilleures années sont centrales pour la plupart des salariés du privé.
  • La surcote augmente directement cette pension lorsque les conditions sont réunies.
  • Un plafond limite les salaires pris en compte pour le calcul.

BPension complémentaire Agirc-Arrco

  • Elle résulte de tous les points acquis au cours de la carrière.
  • Chaque période cotisée peut ajouter des points, y compris après 25 années.
  • Travailler plus longtemps peut créer de nouveaux points.
  • Le montant dépend de la valeur de service du point en vigueur à la date de paiement.

Une bonne carrière ne produit pas nécessairement la même proportion de retraite de base et complémentaire : pour les rémunérations élevées, la part des points complémentaires est souvent plus importante.

Décote, surcote, plafonds, minima et enfants : les correcteurs du montant #

Partir avant d’avoir le taux plein n’abaisse pas seulement votre pension de base par le rapport de durée : la décote réduit aussi le taux. C’est pourquoi quelques trimestres manquants peuvent avoir un effet sensible. À l’inverse, la surcote majore la pension de base de 1,25 % par trimestre civil entier cotisé après l’âge légal, dès lors que vous avez déjà réuni la durée d’assurance nécessaire. Quatre trimestres supplémentaires dans ces conditions donnent une majoration de 5 %. Cette surcote ne se calcule pas avant l’âge légal et ne s’applique pas de la même façon à la complémentaire.

La pension de base est également plafonnée. Même avec un salaire annuel moyen élevé et le taux de 50 %, elle ne peut pas dépasser 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale en vigueur au moment de la liquidation. En ordre de grandeur, cela représente autour de 2 000 euros bruts par mois pour une pension de base complète, mais ce plafond change et doit être vérifié pour l’année en cours. La complémentaire Agirc-Arrco s’ajoute à ce maximum : elle n’est donc pas incluse dans ce plafond de la pension de base.

Le minimum contributif est un relèvement possible de petites pensions de base, et non un montant minimum garanti pour tous. Il suppose notamment d’avoir droit au taux plein et d’avoir demandé l’ensemble de ses pensions personnelles. Son montant, ses majorations éventuelles liées aux trimestres cotisés et le plafond de l’ensemble des pensions évoluent régulièrement : consultez le barème en vigueur avant d’en tenir compte dans votre budget. L’Aspa est autre chose : c’est une allocation de solidarité soumise à conditions de ressources, à demander séparément.

Les enfants peuvent agir sur la date et sur le montant. Dans le régime général, une majoration de durée d’assurance peut attribuer jusqu’à huit trimestres par enfant né ou adopté, selon la nature des droits et les règles d’attribution entre parents. Avoir élevé au moins trois enfants ouvre en principe une majoration de pension de 10 % dans le régime général. L’Agirc-Arrco prévoit également une majoration familiale pour trois enfants ou plus, avec ses règles et un plafond annuel susceptible d’évoluer. Vérifiez toujours les enfants et leurs dates sur votre relevé.

Les principaux mécanismes qui augmentent ou diminuent une pension
MécanismeCondition principaleConséquence pratique
DécoteDépart à l’âge légal sans durée d’assurance suffisanteRéduit le taux de la pension de base ; une minoration peut aussi concerner la complémentaire.
SurcoteTrimestres cotisés après l’âge légal et après obtention de la durée requiseMajore la pension de base de 1,25 % par trimestre civil entier éligible.
Minimum contributifTaux plein, liquidation de toutes les pensions et respect du plafond de pensionsPeut relever une petite pension de base ; barèmes et plafonds à vérifier.
Majoration pour trois enfants ou plusConditions d’éducation et règles propres à chaque régimeMajoration de principe de 10 % au régime général ; règles complémentaires distinctes.
Plafond de pension de baseSalaire annuel moyen et taux élevésLimite la seule pension de base ; la retraite complémentaire s’y ajoute.

Les montants du minimum contributif, les plafonds de ressources et le plafond annuel de la Sécurité sociale sont révisables. Vérifiez-les sur les sites officiels au moment de votre demande.

Exemple complet : de la formule au montant mensuel brut #

Prenons le cas fictif de Jeanne, née en 1964 et salariée du privé. Sa durée de référence est de 171 trimestres et son âge légal est de 63 ans. Lors de son départ, elle totalise exactement 171 trimestres tous régimes confondus, dont 150 au régime général. Elle a donc droit au taux plein de 50 %, sans décote. Son salaire annuel moyen, après sélection de ses 25 meilleures années et revalorisation, est de 32 000 euros. Ce montant est choisi pour illustrer la méthode : il ne correspond pas à une moyenne nationale.

Sa retraite de base annuelle se calcule ainsi : 32 000 × 50 % × 150 ÷ 171. Le premier produit donne 16 000 euros. Le coefficient de durée est de 150 ÷ 171, soit environ 0,8772. Sa pension de base est donc d’environ 14 035 euros bruts par an, soit près de 1 170 euros bruts par mois avant prélèvements sociaux et impôt. Les 21 trimestres effectués dans un autre régime ne sont pas perdus : ils expliquent l’accès au taux plein, mais une autre pension de base les rémunère selon les règles de ce régime.

Jeanne possède aussi 4 800 points Agirc-Arrco. Pour montrer le calcul sans présenter une valeur variable comme un barème permanent, supposons une valeur de service purement illustrative de 1,45 euro par point. Sa complémentaire annuelle serait alors de 4 800 × 1,45, soit 6 960 euros, ou 580 euros bruts par mois. Au moment réel de la liquidation, il faudrait remplacer 1,45 euro par la valeur officielle alors en vigueur. Si son relevé indique 4 650 ou 5 100 points, c’est naturellement ce total qui doit être employé.

Jeanne a élevé trois enfants et remplit les conditions de majoration dans les deux régimes. En supposant, pour cet exemple, qu’aucun plafond spécifique de majoration complémentaire ne s’applique, sa pension de base passe d’environ 1 170 à 1 287 euros par mois grâce aux 10 %. Sa complémentaire illustrative passe de 580 à 638 euros. Son total brut mensuel estimé atteint donc environ 1 925 euros, auquel peut s’ajouter la pension de son autre régime. Ce n’est pas le montant net : CSG, CRDS, contribution additionnelle éventuelle et prélèvement à la source restent à déduire selon sa situation fiscale.

Calcul déroulé de l’exemple de Jeanne
ÉtapeCalculRésultat mensuel brut approximatif
Pension de base avant majoration32 000 € × 50 % × 150 ÷ 171 = environ 14 035 € par anEnviron 1 170 €
Pension complémentaire illustrative4 800 points × 1,45 € = 6 960 € par an580 €
Majoration de base pour trois enfantsEnviron 1 170 € × 10 %Environ +117 €
Majoration complémentaire illustrative580 € × 10 %, sous réserve du plafond applicableEnviron +58 €
Total des deux pensions de l’exemple1 170 € + 580 € + 117 € + 58 €Environ 1 925 €

L’exemple est pédagogique. La valeur de 1,45 € par point est fictive, les règles familiales doivent être vérifiées dans chaque dossier et la pension de l’autre régime de Jeanne n’est pas incluse.

Choisir une date : retraite progressive, cumul emploi-retraite et réversion #

Le meilleur mois de départ ne se résume pas au montant affiché dans un simulateur. Il faut regarder votre âge légal, l’acquisition d’un trimestre supplémentaire, une éventuelle surcote, vos droits complémentaires et la date de prise d’effet demandée. La retraite prend habituellement effet le premier jour d’un mois ; l’organisation exacte de la fin du contrat de travail mérite donc d’être préparée avec l’employeur. Dans certains cas, différer de quelques semaines ne change aucun trimestre. Dans d’autres, atteindre un trimestre civil entier après les conditions de la surcote change durablement la pension de base.

La retraite progressive permet de percevoir une fraction de ses pensions tout en travaillant à temps réduit, sous réserve de remplir les conditions d’âge, de durée d’assurance et de quotité de travail applicables. Elle peut être une alternative à un départ net si vous souhaitez réduire votre activité sans cesser tout revenu professionnel. Le cumul emploi-retraite, lui, intervient après la liquidation de la pension. Le cumul intégral suppose notamment d’avoir liquidé toutes ses retraites personnelles et d’être au taux plein ; depuis une évolution récente des règles, une activité reprise peut, sous conditions, ouvrir de nouveaux droits à une seconde pension plafonnée.

La pension de réversion ne fait pas partie du calcul de votre propre retraite : elle correspond à une part de la pension d’un conjoint ou ex-conjoint décédé. Le mariage est une condition indispensable ; le Pacs et le concubinage ne suffisent pas. Au régime général, le taux de principe est de 54 %, avec des conditions d’âge et de ressources. À l’Agirc-Arrco, le taux de principe est de 60 %, sans condition de ressources, mais avec des règles d’âge et de situation familiale. Elle n’est pas automatiquement versée : une demande est nécessaire.

Vérifier son dossier et demander sa retraite dans le bon ordre #

Le calcul final dépend des données enregistrées, pas de vos seuls souvenirs de carrière. Commencez idéalement plusieurs années avant le départ en examinant le relevé de carrière ligne par ligne : employeurs, salaires, trimestres, périodes de chômage, maladie, maternité, service national, enfants et points complémentaires. Conservez les bulletins de salaire, attestations de chômage, certificats de travail et justificatifs d’indemnités utiles. Une correction peut prendre du temps, surtout lorsqu’elle concerne une ancienne entreprise, un régime étranger ou une période sans transmission informatique. N’attendez pas les derniers mois pour signaler une anomalie.

Quelques mois avant la date retenue, utilisez le simulateur officiel pour comparer plusieurs départs : à l’âge légal, après le trimestre manquant, à la date du taux plein et, si cela vous concerne, après une période ouvrant droit à surcote. Vérifiez séparément le brut mensuel, le brut annuel, la pension de base, la complémentaire et les pensions des autres régimes. Une estimation plus haute peut correspondre à un départ beaucoup plus tardif : comparez aussi les pensions auxquelles vous renoncez pendant l’attente et votre situation professionnelle, familiale et de santé.

La demande unique en ligne est le moyen le plus simple pour les régimes participant au service commun. Préparez votre pièce d’identité, votre relevé d’identité bancaire, vos informations d’état civil, les coordonnées de vos employeurs récents et les justificatifs demandés selon votre parcours. Pour une pension de réversion, les actes d’état civil, la preuve des mariages successifs et les informations de ressources peuvent être nécessaires. L’organisme peut réclamer des pièces complémentaires : répondez sans tarder et gardez une copie datée de tous les documents envoyés.

La marche à suivre avant votre départ

  1. Contrôlez votre relevé au moins 18 à 24 mois avant la date envisagée

    Repérez les années sans salaire, les trimestres manquants et les points Agirc-Arrco absents. Demandez les corrections avec les justificatifs disponibles.

  2. Simulez plusieurs dates de départ environ 6 à 12 mois avant

    Comparez l’âge légal, le taux plein, la carrière longue éventuelle, la surcote et l’effet d’un trimestre de plus. Notez les montants bruts annuels, pas seulement le total mensuel.

  3. Préparez les pièces et la fin de contrat

    Réunissez identité, RIB, état civil et documents de carrière. Coordonnez la date de départ avec votre employeur sans présumer de l’accord définitif de la caisse.

  4. Déposez la demande suffisamment en avance

    Le dépôt environ 4 à 6 mois avant la date souhaitée est une précaution courante. Utilisez le service de demande de retraite en ligne et suivez les messages de chaque régime.

  5. Contrôlez les notifications reçues

    Vérifiez l’âge retenu, le nombre de trimestres, le salaire annuel moyen, le taux, le nombre de points et les majorations. Signalez rapidement toute incohérence documentée.

Les cinq chiffres à noter avant de décider

Vos cases cochées restent enregistrées sur cet appareil.

Sources et vérification

Les informations de cet article ont été établies à partir des ressources officielles suivantes. Les barèmes et plafonds évoluant chaque année, consultez-les avant toute démarche.

Point de vigilance : Les valeurs du point Agirc-Arrco, le plafond de la Sécurité sociale, les montants des minima, les seuils sociaux et certaines conditions de dispositifs doivent être revérifiés au moment de votre demande.

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Mis à jour le
Rédaction
La rédaction de La Retraite

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Questions fréquentes

Comment calculer le montant brut de ma retraite ?

Pour un salarié du privé, additionnez une estimation de la pension de base et de la pension Agirc-Arrco. La base suit la formule salaire annuel moyen × taux × durée au régime général ÷ durée de référence ; la complémentaire correspond aux points acquis × valeur de service du point. Le résultat est brut, avant prélèvements sociaux et impôt.

Est-ce que la retraite est calculée sur les 25 dernières années ?

Non. Au régime général, elle est en principe calculée sur les 25 meilleures années de salaires revalorisés, pas sur les 25 dernières. Les années retenues sont limitées par le plafond de la Sécurité sociale applicable à chaque époque. La retraite complémentaire, elle, dépend des points de l’ensemble de la carrière.

Quel est le taux plein pour la retraite de base ?

Le taux plein du régime général est de 50 %. Il est obtenu lorsque vous avez atteint l’âge légal et la durée d’assurance requise pour votre génération, ou automatiquement à 67 ans. À 67 ans, le taux est plein mais la pension peut rester proratisée si votre carrière au régime général est incomplète.

Combien coûte un trimestre manquant pour la retraite ?

Au régime général, un trimestre manquant peut entraîner une décote de 1,25 % sur le taux de pension, dans la limite de 20 trimestres. Il peut aussi réduire le rapport entre vos trimestres au régime et la durée de référence. L’effet exact dépend donc de votre salaire annuel moyen, de votre âge et de votre carrière dans les autres régimes.

Est-ce que travailler après 64 ans augmente toujours la retraite ?

Cela peut augmenter votre pension, mais pas toujours de la même manière. Après l’âge légal et une fois la durée requise atteinte, chaque trimestre civil entier cotisé peut ouvrir une surcote de 1,25 % sur la pension de base. Une activité supplémentaire peut aussi procurer des points Agirc-Arrco ; vérifiez la date précise à laquelle les conditions sont réunies.

Quel est le maximum de la pension de retraite de base ?

La pension de base du régime général est plafonnée à 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale en vigueur lors de la liquidation. C’est de l’ordre de 2 000 euros bruts par mois pour une pension de base complète, mais ce montant évolue et doit être vérifié pour l’année en cours. La pension Agirc-Arrco s’ajoute à ce maximum.

Le minimum contributif est-il versé automatiquement ?

Le minimum contributif peut être appliqué lorsque vous avez le taux plein, avez liquidé toutes vos pensions personnelles et respectez le plafond global de pensions. Son montant dépend aussi de votre durée cotisée et de barèmes révisables. Vérifiez la notification de retraite et les conditions actualisées auprès de l’Assurance retraite.

Les enfants augmentent-ils automatiquement la retraite ?

Des trimestres peuvent être attribués pour la naissance, l’adoption et l’éducation d’un enfant, selon des règles qui dépendent notamment de la date de naissance et de l’attribution entre parents. À partir de trois enfants élevés, une majoration de pension de 10 % s’applique en principe au régime général. Les règles de la complémentaire Agirc-Arrco sont distinctes et doivent être contrôlées.

Puis-je demander ma retraite et continuer à travailler ?

Oui, par le cumul emploi-retraite, mais les conditions diffèrent selon que vous avez ou non liquidé toutes vos retraites au taux plein. Le cumul intégral exige notamment d’avoir demandé l’ensemble de vos pensions personnelles et d’avoir le taux plein. Une reprise d’activité peut, sous conditions, ouvrir de nouveaux droits, mais il faut vérifier les plafonds et formalités applicables avant de commencer.

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