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Se retrouver au chômage à quelques années de la retraite : ce que vous gardez, et ce qu’il faut sécuriser

Perdre son emploi à 57 ans n’est pas la même chose qu’à 35 ans : la durée d’indemnisation est plus longue, un mécanisme de maintien peut vous porter jusqu’à la retraite, et les trimestres continuent de se valider. Encore faut-il connaître les cinq conditions du maintien, éviter le piège fiscal de la rupture conventionnelle, et anticiper le trou de trésorerie des premiers mois.

15 min de lecture 2 932 mots Mis à jour le
Homme d’une cinquantaine d’années attablé à son bureau, carnet et stylo en main, réfléchissant dans la lumière naturelle
Homme d’une cinquantaine d’années attablé à son bureau, carnet et stylo en main, réfléchissant dans la lumière naturelle

L’essentiel en 30 secondes

L’essentiel à retenir

Lecture complète : 15 min
  • La durée maximale d’indemnisation est allongée à partir d’un certain âge : les seuils et les durées ont été modifiés à plusieurs reprises et se vérifient auprès de France Travail avant toute décision.
  • Un mécanisme de maintien des allocations permet, sous cinq conditions cumulatives, de continuer à être indemnisé jusqu’au taux plein, au plus tard jusqu’à 67 ans.
  • Les périodes de chômage indemnisé valident des trimestres assimilés, un trimestre par tranche de 50 jours indemnisés, et continuent d’alimenter vos points Agirc-Arrco.
  • Les années de chômage ne diluent pas votre pension : sans salaire porté au compte, elles ne peuvent pas entrer dans vos vingt-cinq meilleures années.
  • Si vous êtes déjà en droit de liquider votre retraite, l’indemnité de rupture conventionnelle perd son exonération : elle devient imposable et soumise à cotisations dès le premier euro.
  • Entre le dernier jour de travail et la première allocation, les différés d’indemnisation peuvent atteindre plusieurs mois : c’est la trésorerie, pas le droit, qui met les familles en difficulté.

Perdre son emploi à 57 ans n’est pas perdre sa retraite #

C’est la première inquiétude, et elle est légitime : quand un licenciement survient à quatre ou cinq ans du départ, on redoute d’avoir travaillé quarante ans pour rater la dernière marche. Le système prévoit pourtant des amortisseurs solides, à condition de les connaître. Les périodes de chômage indemnisé valident des trimestres, elles continuent d’alimenter la retraite complémentaire, elles ne dégradent pas le calcul de la pension, et un mécanisme spécifique permet de rester indemnisé jusqu’au taux plein lorsque l’écart est trop court pour retrouver un emploi.

Le vrai risque n’est donc pas juridique, il est pratique. Il tient à trois choses : une trésorerie qui se tend pendant les premiers mois à cause des différés d’indemnisation, une décision de rupture prise sans en mesurer les conséquences fiscales, et une liquidation de retraite déclenchée trop tôt qui referme des droits encore ouverts. Ces trois écueils se contournent, mais ils se contournent avant, pas après. Ce qui suit vise donc à vous donner l’ordre des vérifications, dans le temps dont vous disposez.

50 jours

durée d’indemnisation qui valide un trimestre de retraite, dans la limite de quatre par an

lassuranceretraite.fr

67 ans

âge au-delà duquel le maintien des allocations jusqu’à la retraite cesse en tout état de cause

règlement d’assurance chômage

150 jours

plafond du différé d’indemnisation lié aux indemnités supralégales, dans le cas général

France Travail

Combien de temps serez-vous indemnisé #

La durée d’indemnisation dépend de la durée de travail accomplie avant la perte d’emploi, dans la limite d’un plafond qui s’allonge à partir d’un certain âge. Ce principe est stable ; ses paramètres, en revanche, ont été modifiés à plusieurs reprises ces dernières années, aussi bien pour les durées maximales que pour les âges qui y donnent accès, et un coefficient de réduction lié à la conjoncture du marché du travail peut s’y ajouter. Autant dire qu’aucun chiffre lu dans un article, celui-ci compris, ne remplace la simulation officielle.

La bonne méthode consiste donc à obtenir votre durée exacte avant de décider quoi que ce soit. France Travail délivre, sur demande, une estimation de vos droits à partir de votre situation réelle : durée d’affiliation, âge à la date de fin de contrat, salaire de référence. Ce document est la pièce maîtresse de toute votre réflexion, parce que c’est lui qui vous dira si vos droits vous portent ou non jusqu’à l’âge où vous pourrez liquider votre retraite dans de bonnes conditions.

Deux règles méritent d’être connues au-delà de la durée. D’abord, l’âge s’apprécie à la date de fin du contrat de travail, et non à la date d’inscription : quelques semaines de décalage peuvent faire basculer d’une tranche d’âge à l’autre, avec plusieurs mois d’indemnisation à la clé. Ensuite, la dégressivité de l’allocation appliquée aux salaires les plus élevés ne concerne pas les allocataires au-delà d’un certain âge. Ces deux paramètres se vérifient auprès de France Travail, et ils peuvent justifier de négocier une date de sortie plutôt qu’une autre.

Ce qui détermine votre situation, et où le vérifier
ParamètreCe qu’il commandeOù l’obtenir
Durée d’affiliation avant la fin de contratLa durée maximale de vos droitsAttestation employeur et estimation France Travail
Âge à la date de fin du contrat de travailL’accès aux durées allongées et à l’exclusion de la dégressivitéVotre contrat et votre solde de tout compte
Salaire journalier de référenceLe montant quotidien de l’allocationEstimation France Travail, à partir des douze derniers mois
Trimestres validés et durée requiseVotre date de taux plein, donc l’horizon à couvrirRelevé de carrière sur info-retraite.fr
Indemnités de rupture perçuesLa durée du différé avant le premier versementReçu pour solde de tout compte

Les barèmes et seuils de l’assurance chômage évoluent au rythme des conventions successives : ne raisonnez jamais sur un chiffre trouvé en ligne, mais sur l’estimation nominative qui vous est délivrée.

Le maintien des allocations jusqu’à la retraite : les cinq conditions #

C’est le dispositif décisif pour les fins de carrière, et il reste largement méconnu. Lorsqu’un allocataire arrive au terme de ses droits sans avoir atteint le taux plein, ses allocations peuvent être maintenues jusqu’à ce qu’il puisse liquider sa retraite à taux plein, et au plus tard jusqu’à l’âge du taux plein automatique, soit 67 ans. Ce n’est pas une prolongation discrétionnaire : c’est un droit, dès lors que cinq conditions sont réunies à la date d’épuisement des droits ordinaires.

Ces cinq conditions sont cumulatives : avoir atteint un âge minimal fixé par le règlement d’assurance chômage ; être indemnisé depuis au moins un an sans interruption ; justifier d’au moins douze ans d’affiliation à l’assurance chômage ; avoir validé au moins cent trimestres d’assurance vieillesse ; et justifier d’une année continue, ou de deux années discontinues, d’affiliation dans les cinq années précédant la fin du contrat de travail. L’âge minimal, historiquement fixé à 62 ans, est le paramètre le plus susceptible d’avoir été modifié : c’est celui qu’il faut faire confirmer.

Ce que le chômage fait à vos trimestres et à vos points #

Les périodes de chômage indemnisé valident des trimestres assimilés, à raison d’un trimestre par tranche de cinquante jours d’indemnisation, dans la limite de quatre par année civile. Une année complète d’indemnisation valide donc quatre trimestres, exactement comme une année travaillée. Ces trimestres comptent pour le taux et pour la proratisation, mais ils ne sont pas cotisés : la distinction est sans effet ici, sauf si vous visez un départ pour carrière longue, dispositif qui exige des trimestres réellement cotisés avec un contingent limité d’assimilés.

Le chômage non indemnisé valide aussi, mais dans des limites strictes qui surprennent souvent. Une première période sans indemnisation ouvre un contingent limité de trimestres ; les périodes ultérieures, dès lors qu’elles succèdent à une période indemnisée, sont retenues dans une limite plus courte, elle-même allongée pour les personnes qui ont dépassé un certain âge et justifient d’une longue durée de cotisation. Ces contingents se vérifient au cas par cas : ils figurent sur votre relevé de carrière, et une absence se conteste.

Côté retraite complémentaire, la mécanique est différente et tout aussi favorable : pendant une période de chômage indemnisé, l’Agirc-Arrco continue d’attribuer des points sans que vous ayez à cotiser, calculés sur la base du salaire de référence ayant servi au calcul de l’allocation. Ces points n’apparaissent pas sur le relevé du régime général : il faut consulter séparément votre compte Agirc-Arrco. Faites les deux vérifications le même jour, en vous appuyant sur la méthode décrite dans notre article sur le relevé de carrière.

À vérifier sur votre relevé après une période de chômage

Vos cases cochées restent enregistrées sur cet appareil.

Rupture conventionnelle, licenciement, démission : ce qui change vraiment #

Les trois voies n’ouvrent pas les mêmes droits, et la différence se joue moins sur le principe que sur la fiscalité de l’indemnité. Le licenciement et la rupture conventionnelle ouvrent l’un comme l’autre droit à l’allocation. La démission n’y donne pas droit, sauf dans une liste limitée de cas de démission légitime, suivre son conjoint muté, par exemple, ou dans le cadre d’un projet de reconversion validé au préalable. Une démission décidée à cinquante-huit ans sans passer par l’un de ces cas ferme la porte à toute indemnisation.

Le piège le plus coûteux se trouve ailleurs, et il est propre aux fins de carrière : lorsque le salarié est déjà en droit de liquider une pension de retraite, l’indemnité de rupture conventionnelle perd son régime de faveur. Elle devient soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu dès le premier euro, là où elle aurait été exonérée dans les limites habituelles pour un salarié plus jeune. Sur une indemnité de 40 000 €, l’écart se compte en milliers d’euros et bascule parfois l’intérêt même de l’opération.

Deux sorties possibles à quelques années de la retraite

ARupture conventionnelle

  • Ouvre droit à l’allocation, comme un licenciement
  • Suppose l’accord des deux parties et une homologation
  • L’indemnité perd son exonération si vous pouvez déjà liquider votre retraite
  • Le montant est négociable au-delà du minimum légal
  • Le supralégal négocié allonge le différé d’indemnisation

BLicenciement, y compris économique

  • Ouvre droit à l’allocation sans condition d’accord
  • Ne se choisit pas : il est décidé par l’employeur
  • L’indemnité conserve son régime d’exonération dans les limites légales
  • Le licenciement économique ouvre des dispositifs d’accompagnement spécifiques
  • Le différé lié au supralégal y est plafonné plus bas

Avant de signer une rupture conventionnelle en fin de carrière, faites chiffrer trois nombres : le net réellement perçu après cotisations et impôt, la durée du différé qu’elle déclenche, et la date à laquelle vos droits s’épuiseront. Si vous pouvez déjà liquider une pension, l’indemnité sera fiscalisée intégralement : c’est le paramètre qui change tout.

Un dernier cas mérite d’être distingué : la mise à la retraite décidée par l’employeur. Elle n’est pas libre. En dessous d’un certain âge, l’employeur doit interroger le salarié chaque année, et un refus de sa part fait obstacle à la mesure pour l’année suivante. Ce n’est qu’à un âge élevé que la mise à la retraite peut être imposée. Ces règles, ainsi que le régime des indemnités correspondantes, sont détaillées dans notre article sur les façons de quitter son emploi.

Le trou de trésorerie : différés, carence et mutuelle #

C’est ici que les familles se retrouvent réellement en difficulté, et c’est presque toujours une surprise. Entre le dernier jour de travail et la première allocation s’intercalent trois délais qui s’additionnent : un différé correspondant aux congés payés non pris et indemnisés, un différé spécifique calculé à partir des indemnités de rupture versées au-delà du minimum légal, et un délai d’attente de sept jours. Le différé spécifique est plafonné, plus bas en cas de licenciement économique, mais il peut atteindre plusieurs mois.

La conséquence est mécanique : une indemnité de rupture négociée à la hausse retarde d’autant le début de l’indemnisation. Ce n’est pas une raison de refuser une bonne négociation, l’argent perçu n’est pas perdu, mais c’est une raison impérative de le savoir avant de signer, et de garder de côté de quoi tenir plusieurs mois. Demandez à France Travail le calcul de votre différé dès que le montant de l’indemnité est connu, avant même la fin du préavis.

Les trois délais qui séparent le dernier salaire de la première allocation
DélaiCe qui le déclencheOrdre de grandeur
Différé congés payésL’indemnité compensatrice de congés payés versée au solde de tout compteUn jour par jour de congé indemnisé
Différé spécifiqueLa part d’indemnité de rupture versée au-delà du minimum légalPlafonné à 150 jours, réduit à 75 jours en cas de licenciement économique
Délai d’attenteL’inscription elle-même7 jours, appliqués une fois par période de douze mois

Ces délais s’additionnent. Faites-les chiffrer par France Travail dès que le montant de votre indemnité est connu, avant la signature.

Après l’allocation : les filets qui prennent le relais #

Si vos droits s’épuisent sans que le maintien puisse jouer, plusieurs dispositifs peuvent prendre le relais, mais aucun n’est équivalent en montant. L’allocation de solidarité spécifique s’adresse aux demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits, sous condition de ressources et d’une durée d’activité salariée sur les dix années précédentes. Elle est nettement inférieure à l’allocation d’aide au retour à l’emploi, mais elle présente un avantage souvent ignoré : elle permet également de valider des trimestres pour la retraite.

Ce dispositif a fait l’objet de projets de réforme successifs, et ses règles comme son existence même ont été discutées : c’est typiquement un point à faire confirmer auprès de France Travail plutôt qu’à tenir pour acquis. À défaut, le revenu de solidarité active peut être mobilisé, et, à partir de l’âge d’ouverture, l’allocation de solidarité aux personnes âgées prend la suite pour les pensions les plus modestes, voyez les conditions détaillées de l’ASPA.

Reste une piste que peu de gens explorent en fin de carrière : le rachat de trimestres. Quand il ne manque que quelques trimestres pour atteindre le taux plein et sortir plus tôt d’une situation de chômage indemnisé, l’opération peut être rentable, surtout si elle raccourcit une période difficile. Elle demande une trésorerie disponible et un calcul précis du point d’équilibre. Ce n’est pas la solution la plus fréquente, mais elle mérite d’être chiffrée quand l’écart au taux plein est de deux à huit trimestres.

Construire votre calendrier, dans le bon ordre #

Tout se joue sur l’articulation de deux dates : celle où vos droits à l’allocation s’épuisent, et celle où vous atteignez le taux plein. Si la seconde arrive avant la première, la trajectoire est simple. Si elle arrive après, la question devient celle du maintien, du rachat, ou de l’acceptation d’une décote. Poser ces deux dates sur une feuille, avec les montants correspondants, transforme une situation subie en arbitrage documenté, et c’est un exercice d’une heure, pas d’un mois.

Les sept vérifications à mener, dans cet ordre

  1. Éditer votre relevé de carrière

    Sur info-retraite.fr, avant même la fin du contrat. Vous avez besoin du nombre exact de trimestres et de la durée requise pour votre génération.

  2. Obtenir votre estimation de droits

    France Travail vous indique la durée et le montant de votre allocation à partir de votre situation réelle. C’est le seul chiffre fiable.

  3. Poser les deux dates côte à côte

    Date d’épuisement des droits et date de taux plein. L’écart entre les deux définit tout le reste de votre stratégie.

  4. Vérifier les cinq conditions du maintien

    Âge minimal, un an d’indemnisation, douze ans d’affiliation, cent trimestres, un an continu ou deux ans discontinus dans les cinq dernières années. Faites confirmer par écrit.

  5. Chiffrer le différé avant de signer

    Si une rupture conventionnelle est en discussion, faites calculer le différé et le net réellement perçu, en tenant compte de la perte d’exonération si vous pouvez déjà liquider.

  6. Sécuriser la couverture santé

    Activer la portabilité dès la fin du contrat, puis anticiper la sortie du dispositif au bout de douze mois.

  7. Ne liquider qu’au bon moment

    La demande de retraite met fin à l’allocation. Comparez la trajectoire « liquider maintenant » et la trajectoire « rester indemnisé jusqu’au taux plein » en euros cumulés.

Un mot, enfin, sur ce que les textes ne règlent pas. Un licenciement à cinquante-huit ans, c’est aussi une identité professionnelle qui s’arrête sans qu’on l’ait choisi, des candidatures sans réponse, et le sentiment pénible d’être devenu inemployable à quelques années du but. Le dispositif de maintien des allocations existe précisément parce que le législateur a reconnu cette réalité : il n’y a aucune honte à s’en saisir, et ce n’est pas un renoncement. Utilisez ce temps pour ce qui a du sens, transmettre, vous former, préparer ce qui suit, plutôt que pour une recherche d’emploi menée sans y croire. La retraite qui arrivera n’en sera pas diminuée d’un euro.

Sources et vérification

Les informations de cet article ont été établies à partir des ressources officielles suivantes. Les barèmes et plafonds évoluant chaque année, consultez-les avant toute démarche.

Point de vigilance : Durées maximales d’indemnisation, seuils d’âge et coefficient de réduction conjoncturelle modifiés au rythme des conventions d’assurance chômage ; âge minimal exigé pour le maintien des allocations à reconfirmer ; existence et conditions de l’allocation de solidarité spécifique, plusieurs fois remises en cause ; plafonds des différés d’indemnisation.

Publié le
Mis à jour le
Rédaction
La rédaction de La Retraite

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Questions fréquentes

Peut-on rester au chômage jusqu’à la retraite ?

Oui, grâce au mécanisme de maintien des allocations. Lorsqu’un allocataire arrive au terme de ses droits sans avoir atteint le taux plein, ses allocations peuvent être maintenues jusqu’à ce qu’il puisse liquider sa retraite à taux plein, et au plus tard jusqu’à 67 ans. Cinq conditions cumulatives doivent être réunies à la date d’épuisement des droits : un âge minimal, un an d’indemnisation continue, douze ans d’affiliation, cent trimestres validés, et une durée d’affiliation récente.

Le chômage compte-t-il pour la retraite ?

Oui. Les périodes de chômage indemnisé valident un trimestre par tranche de cinquante jours d’indemnisation, dans la limite de quatre par année civile, une année complète d’indemnisation valide donc autant qu’une année travaillée. Ces trimestres sont assimilés et non cotisés, ce qui est sans effet sur le taux mais compte pour un départ en carrière longue. Le chômage non indemnisé valide également, mais dans des limites plus strictes.

Le chômage fait-il baisser le montant de ma pension ?

Non, et c’est une inquiétude très répandue qu’il faut lever. Pendant une période de chômage, aucun salaire n’est porté à votre compte : ces années ne peuvent donc pas entrer dans vos vingt-cinq meilleures années et ne tirent pas la moyenne vers le bas. Elles agissent uniquement sur le nombre de trimestres, et dans le sens favorable. La retraite complémentaire continue par ailleurs d’attribuer des points pendant l’indemnisation.

Puis-je cumuler l’allocation chômage et ma retraite ?

Non. Le versement de l’allocation d’aide au retour à l’emploi cesse dès que vous liquidez votre retraite de base. C’est précisément pour cette raison qu’il ne faut pas déposer sa demande de retraite par réflexe à l’âge légal : si vos droits vous portent plus loin et à un niveau supérieur, attendre le taux plein peut être nettement plus avantageux. Comparez les deux trajectoires en euros cumulés avant de décider, car la liquidation est irréversible.

Une rupture conventionnelle est-elle une bonne idée à 59 ans ?

Elle ouvre droit à l’allocation comme un licenciement, mais elle comporte un piège fiscal propre aux fins de carrière : si vous êtes déjà en droit de liquider une pension de retraite, l’indemnité perd son exonération et devient imposable et soumise à cotisations dès le premier euro. Sur 40 000 €, l’écart se compte en milliers d’euros. Faites chiffrer le net réellement perçu et la durée du différé d’indemnisation avant de signer quoi que ce soit.

Pourquoi ma première allocation arrive-t-elle si tard ?

Trois délais s’additionnent entre le dernier jour de travail et le premier versement : un différé correspondant aux congés payés indemnisés, un différé spécifique calculé sur la part d’indemnité de rupture versée au-delà du minimum légal, plafonné à 150 jours, ou 75 jours en licenciement économique, et un délai d’attente de sept jours. Une indemnité négociée à la hausse retarde donc d’autant l’indemnisation : prévoyez la trésorerie correspondante.

Que devient ma mutuelle d’entreprise après le licenciement ?

Vous conservez gratuitement la complémentaire santé de votre entreprise, pour vous et vos ayants droit, pendant une durée égale à celle de votre dernier contrat, dans la limite de douze mois, à condition d’être indemnisé. Ce maintien n’est pas toujours mis en place spontanément : signalez votre situation à l’organisme dès la fin du contrat. À l’issue de cette période, la poursuite du contrat collectif reste possible à titre payant, avec un tarif encadré.

Que se passe-t-il quand mes droits sont épuisés avant le taux plein ?

Si les conditions du maintien ne sont pas réunies, l’allocation de solidarité spécifique peut prendre le relais, sous condition de ressources et de durée d’activité antérieure, elle est plus faible, mais elle valide aussi des trimestres. Ses règles ont fait l’objet de projets de réforme successifs et doivent être confirmées auprès de France Travail. À défaut, le RSA, puis l’ASPA à partir de l’âge d’ouverture, constituent les filets suivants.

Vaut-il mieux racheter des trimestres pour partir plus vite ?

C’est une piste à chiffrer quand il ne manque que deux à huit trimestres pour atteindre le taux plein, et qu’elle permet d’abréger une période de chômage subie. Le rachat suppose une trésorerie disponible et un calcul du point d’équilibre : au bout de combien d’années la pension supplémentaire aura-t-elle remboursé la somme versée ? Au-delà d’une dizaine de trimestres, le coût devient rarement absorbable et d’autres arbitrages sont préférables.

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