Taille du texte

Habitat & Cadre de vie

Habiter à plusieurs après 55 ans : choisir la formule qui vous ressemble

Vivre dans un logement partagé peut réduire certaines dépenses, rompre l’isolement ou permettre de rester dans un quartier familier. Mais une colocation ne se résume pas à diviser un loyer. Formules possibles, bail, budget, intimité et recherche locale : voici comment comparer, puis avancer sans vous engager à l’aveugle.

20 min de lecture 4 008 mots Mis à jour le
Trois colocataires de plus de 55 ans échangent autour d’une table dans une maison lumineuse et contemporaine.
Trois colocataires de plus de 55 ans échangent autour d’une table dans une maison lumineuse et contemporaine.

L’essentiel en 30 secondes

L’essentiel à retenir

Lecture complète : 20 min
  • La colocation classique réunit des personnes qui louent ou occupent un même logement, avec un bail commun ou des baux individuels : cette différence change fortement les règles de départ et de paiement.
  • L’habitat participatif est un projet collectif conçu et gouverné par ses habitants, souvent avec des espaces communs, tandis que la cohabitation intergénérationnelle solidaire associe une personne de 60 ans ou plus et une personne de moins de 30 ans dans le cadre d’un contrat spécifique.
  • Avant de comparer les loyers, additionnez le loyer, les charges, l’énergie, l’assurance, internet, les dépenses communes, le dépôt de garantie et les frais d’installation.
  • Dans un bail commun comportant une clause de solidarité, un colocataire sortant peut rester tenu des dettes locatives pendant une période limitée, au plus six mois après son congé s’il n’est pas remplacé.
  • Une charte de vie écrite ne remplace pas le bail, mais elle évite de nombreux conflits en précisant l’usage des pièces communes, les invités, le ménage, les dépenses et les règles d’intimité.
  • Pour trouver un projet fiable près de chez vous, commencez par les associations locales, la mairie ou le CCAS, l’ADIL et les réseaux d’habitat participatif, puis visitez plusieurs lieux avant toute signature ou tout versement.

Habiter à plusieurs : ce que cette solution change réellement #

L’habitat partagé désigne des situations très différentes : une grande maison louée à plusieurs, un immeuble pensé avec ses habitants, ou encore l’accueil d’un étudiant dans une chambre devenue libre. Le point commun est simple : chacun dispose d’un espace personnel et partage tout ou partie du logement, des dépenses ou de la vie quotidienne. Ce n’est ni une résidence avec des services organisés, ni un établissement de soins. La formule peut convenir à une personne autonome qui cherche davantage de présence, un logement plus adapté à son budget ou un environnement moins solitaire, sans renoncer à son indépendance.

Le bon motif n’est pas le même pour tout le monde. Certains veulent conserver un jardin ou un logement spacieux devenu trop coûteux à assumer seuls. D’autres souhaitent déménager dans une ville où ils n’ont plus de proches, ou éviter que les journées soient trop silencieuses. Ces attentes doivent être nommées dès le départ, car elles conduisent à des choix différents. Chercher une économie impose de regarder le budget complet. Chercher de la convivialité impose de vérifier la compatibilité des rythmes de vie. Chercher une présence rassurante ne doit jamais conduire à confier à un colocataire un rôle d’aide ou de surveillance qu’il n’a pas choisi.

3 ans

Durée minimale habituelle d’un bail vide conclu avec un propriétaire particulier

Service-Public.fr

1 an

Durée habituelle d’un bail meublé, hors bail étudiant de neuf mois

Service-Public.fr

6 mois

Durée maximale de maintien de la solidarité d’un colocataire sortant, s’il n’est pas remplacé

Service-Public.fr

60 ans / moins de 30 ans

Âges de référence de la cohabitation intergénérationnelle solidaire

Service-Public.fr

Colocation, habitat participatif, intergénérationnel : quatre formules à distinguer #

La colocation classique est la formule la plus directe. Plusieurs personnes louent un logement, généralement en partageant cuisine, séjour et parfois salle d’eau. Elles peuvent signer un seul bail ou disposer chacune d’un contrat pour leur chambre. La relation est en principe horizontale : les occupants choisissent ensemble leurs règles et organisent leur quotidien. Cette formule existe entre amis, connaissances ou personnes rencontrées par une annonce. Elle offre une grande liberté, mais demande aussi de traiter concrètement les sujets qui fâchent parfois : répartition des charges, ménage, invités, bruit, tabac, animaux, absences prolongées et départ d’un occupant.

L’habitat participatif va plus loin qu’une simple colocation. Les habitants participent à la conception, à l’achat, à la rénovation ou à la gouvernance d’un ensemble de logements. Chacun a normalement son logement privatif, et le projet prévoit des espaces mutualisés : jardin, buanderie, chambre d’amis, atelier ou salle commune, selon les cas. La cohabitation intergénérationnelle solidaire répond à une autre logique : une personne de 60 ans ou plus accueille une personne de moins de 30 ans. Une association encadre habituellement le contrat, la contribution financière et les attentes de présence conviviale, sans transformer le jeune accueilli en salarié ou en aide à domicile.

Une quatrième catégorie mérite d’être connue : l’habitat inclusif. Il s’adresse notamment à des personnes avançant en âge ou en situation de handicap qui souhaitent vivre dans un logement ordinaire, avec un projet de vie sociale et partagée. Il ne s’agit pas d’un établissement médicalisé et l’aide à la personne reste organisée séparément, si elle est nécessaire. La disponibilité des projets varie beaucoup selon les territoires. Si vous hésitez avec une formule plus encadrée et dotée de prestations, notre dossier « Résidences services : fonctionnement, coûts et points de vigilance » permet de comparer les niveaux de services, de liberté et de dépenses.

Les formules d’habitat à plusieurs en un coup d’œil
FormuleQui vit ensemble ?Lien juridique principalCe qui est partagé au quotidien
Colocation classiqueDeux personnes ou davantage, souvent d’âges proches ou variésUn bail unique ou des baux individuelsLogement, charges et règles fixées entre occupants
Habitat participatifVoisins réunis autour d’un projet collectifPropriété, location ou montage collectif selon le projetEspaces, décisions et parfois équipements ou activités
Cohabitation intergénérationnelle solidaireUne personne de 60 ans ou plus et une personne de moins de 30 ansContrat spécifique, généralement accompagné par une associationLogement, présence conviviale et règles convenues
Habitat inclusifHabitants autonomes avec un projet de vie sociale partagéContrats de logement et organisation propre au projetEspaces, activités et vie sociale, sans soins intégrés

Les contrats et l’organisation concrète priment toujours sur le nom affiché par une annonce ou un porteur de projet.

Colocation classique ou cohabitation intergénérationnelle solidaire ?

AColocation classique

  • Vous recherchez une relation d’égal à égal entre occupants.
  • Vous voulez choisir librement vos colocataires, le logement et vos règles communes.
  • Le partage des dépenses et des tâches est négocié entre tous les signataires.
  • Le bail, unique ou individuel, détermine précisément les responsabilités de chacun.

BCohabitation intergénérationnelle solidaire

  • Vous disposez d’une chambre libre et appréciez l’idée d’accueillir un plus jeune adulte.
  • Vous souhaitez un cadre accompagné par une association et un contrat dédié.
  • Vous acceptez une contribution modeste et une présence conviviale, non une prestation de soins.
  • Les règles de rythme, d’invités et d’absences doivent être particulièrement explicites.

Choisissez la colocation si vous cherchez une organisation entre pairs ; choisissez l’intergénérationnel si l’accueil d’un jeune adulte et un accompagnement associatif correspondent à votre projet.

Établir le vrai budget : loyer, charges et dépenses oubliées #

Le partage d’un logement ne signifie pas automatiquement une baisse de toutes les dépenses. Commencez par isoler ce qui relève du bail : le loyer hors charges, les provisions pour charges ou un forfait de charges, le dépôt de garantie et, le cas échéant, les honoraires d’agence. Ajoutez ensuite les dépenses de fonctionnement : électricité, gaz, eau lorsqu’elle n’est pas comprise, internet, assurance, produits d’entretien et achats communs. Enfin, comptez les frais de transition : déménagement, mobilier, petits travaux, double de clés, changement d’adresse ou résiliation d’anciens contrats. Un budget crédible repose sur ces trois étages, pas sur le seul montant affiché dans l’annonce.

La règle de partage doit être choisie avant la signature. Une division à parts égales est simple lorsque les chambres et les usages se ressemblent. Elle devient moins juste si l’une des chambres est nettement plus grande, si une personne dispose d’une salle d’eau privative ou si l’un des occupants s’absente plusieurs mois. Certaines dépenses se répartissent donc au prorata de l’espace ou selon l’usage ; d’autres, comme internet, se divisent souvent à parts égales. Écrivez la méthode dans une charte et gardez les factures. Les comptes d’un fonds commun doivent être lisibles par tous, avec une personne responsable et un plafond de dépenses sans accord collectif.

Les aides au logement peuvent aussi changer le calcul. En colocation, chaque occupant peut déposer sa demande et déclarer sa part de loyer, sous réserve de remplir les conditions applicables à sa situation. Il ne faut pas supposer que l’aide sera identique à celle perçue dans un logement seul : les ressources, le type de logement, la situation familiale et le contrat comptent. Demandez une simulation avant de vous engager. La taxe foncière n’est pas une charge locative ordinaire ; seule la taxe d’enlèvement des ordures ménagères peut, sous conditions, être récupérée par le propriétaire. Lisez donc le détail des charges, pas seulement leur intitulé.

Dépenses : quoi partager et comment le prouver
PosteRépartition souvent adaptéeDocument ou règle à conserverPoint de vigilance
Loyer hors chargesÀ parts égales ou selon la chambre occupéeBail ou annexe de répartitionLa somme des parts doit correspondre au bail
Charges récupérablesSelon le bail : provision régularisable ou forfaitDécompte du propriétaire et justificatifs si prévusUn forfait ne se régularise pas comme une provision
Énergie et internetSouvent à parts égales, parfois selon la présenceFactures et échéancier de paiementPréciser le sort des longues absences
Produits et achats communsBudget mensuel plafonné ou remboursement au ticketTickets, relevé partagé ou application convenueNe pas mélanger dépenses communes et achats personnels
Dépôt de garantieSelon la part prévue au contratÉtat des lieux d’entrée et de sortiePrévoir qui avance et qui récupère sa part

Les règles de charges dépendent du type de bail. Demandez le contrat et ses annexes avant de verser une somme.

Le bail de colocation : ce qui protège, ce qui engage et ce qui bloque #

Le document décisif est le bail, c’est-à-dire le contrat de location signé avec le propriétaire ou son représentant. Dans un bail unique, tous les colocataires signent le même contrat pour l’ensemble du logement. Le propriétaire peut alors demander le paiement des sommes dues selon les règles prévues par le bail, notamment lorsqu’une clause de solidarité est incluse. Dans des baux individuels, chaque occupant loue une chambre identifiée et bénéficie d’un accès aux parties communes ; son loyer, ses charges et son départ sont traités séparément. Aucun montage n’est intrinsèquement meilleur : le bon choix dépend de la stabilité du groupe et du niveau de risque que chacun accepte.

Le type de location fixe aussi des délais. Un bail vide conclu avec un propriétaire particulier dure en principe au moins trois ans ; le préavis du locataire est généralement de trois mois, avec des cas de réduction à un mois, notamment en zone tendue ou selon certaines situations. Un bail meublé dure habituellement un an renouvelable, ou neuf mois pour un étudiant, et le préavis du locataire est d’un mois. Ces règles ne dispensent pas de relire les clauses particulières. Pour un départ, envoyez un congé dans les formes prévues et conservez la preuve de réception. Un simple message au groupe ne met jamais fin à un bail.

Avant de signer, demandez le montant du dépôt de garantie, la liste des meubles si le logement est meublé, les diagnostics, le règlement éventuel de copropriété et la dernière régularisation de charges lorsqu’elle existe. Réalisez un état des lieux détaillé, photographies datées à l’appui, surtout pour les équipements partagés. Vérifiez aussi qui souscrit l’assurance et dans quelle mesure chaque occupant est couvert en responsabilité civile. Si une personne se porte caution, elle doit connaître l’étendue exacte de son engagement. Dans un projet d’habitat participatif avec achat immobilier ou montage collectif, faites relire les documents par un notaire ou un professionnel compétent avant tout apport financier.

Bail unique ou baux individuels : les conséquences pratiques
QuestionBail uniqueBaux individuels
SignatureTous les colocataires signent le même contratChaque occupant signe son propre contrat
Paiement du loyerOrganisation collective, avec effets possibles de la solidaritéPart et échéance fixées pour chaque occupant
Départ d’un occupantPréavis individuel, mais solidarité possible pendant une durée limitéeLe départ concerne en principe son seul bail
RemplacementLe groupe et le propriétaire doivent organiser l’arrivée d’un nouveau signataireLe propriétaire reloue la chambre concernée
Risque principalSupporter temporairement les impayés d’un autre si une clause le prévoitMoins de contrôle sur le choix du nouvel occupant selon le contrat

Lisez la clause de solidarité, les conditions de remplacement et la répartition des chambres avant toute signature.

Préserver son intimité : les règles de vie à poser dès le début #

La qualité d’un habitat partagé se joue souvent dans les détails. À quelle heure la maison devient-elle calme ? Les visiteurs peuvent-ils dormir sur place ? Les repas sont-ils spontanés ou chacun cuisine-t-il pour soi ? Qui utilise le salon lorsque l’un souhaite regarder la télévision et l’autre recevoir sa famille ? Ces questions ne sont ni indiscrètes ni secondaires. Elles permettent de vérifier que les attentes sont compatibles. Une personne qui recherche une maison animée ne vivra pas nécessairement bien avec des colocataires très attachés au silence. Mieux vaut une différence assumée avant la signature qu’une frustration silencieuse après quelques semaines.

L’intimité matérielle compte tout autant. Chacun doit pouvoir fermer sa chambre, y conserver ses affaires et s’y retirer sans avoir à se justifier. Demandez qui possède des clés, quelles pièces sont réellement privatives, comment sont rangés les produits personnels dans la cuisine et la salle d’eau, et si les espaces communs restent accessibles à tous. Une maison agréable mais dépourvue de zone de retrait peut devenir éprouvante. Regardez aussi l’isolation sonore, le nombre de sanitaires, la possibilité de téléphoner au calme et les conditions d’accès pour les proches. Ces éléments valent parfois davantage qu’une grande pièce de séjour.

Les limites d’entraide doivent être claires. Faire des courses ensemble, prendre des nouvelles après une absence ou partager un repas relève de la convivialité. Gérer les médicaments, aider à la toilette, assurer une surveillance nocturne ou conduire régulièrement une personne dépendante relève d’une aide qui doit être organisée avec des professionnels ou des proches, selon les besoins. Dans une cohabitation intergénérationnelle solidaire, le jeune accueilli ne doit pas être recruté pour effectuer des services imposés. Si un besoin d’aide apparaît, parlez-en sans attendre au groupe, au médecin traitant pour l’orientation médicale, et aux interlocuteurs sociaux compétents pour les aides possibles.

Trouver un projet près de chez vous sans se précipiter #

La recherche gagne à emprunter plusieurs voies en même temps. Pour une cohabitation intergénérationnelle solidaire, cherchez les associations présentes dans votre département ou votre agglomération : elles rencontrent généralement les candidats, organisent la mise en relation et proposent un contrat. Pour la colocation, les annonces locales peuvent être utiles, mais elles exigent davantage de vérifications. La mairie, le centre communal d’action sociale, les maisons France Services et les travailleurs sociaux connaissent parfois des initiatives locales. Une agence départementale d’information sur le logement, ou ADIL, peut vous aider à comprendre gratuitement un projet de bail avant que vous vous engagiez.

Pour l’habitat participatif, recherchez les collectifs déjà installés, mais aussi les projets en montage : certains recrutent des habitants plusieurs années avant l’entrée dans les lieux. Demandez si le projet est locatif, en accession ou mixte, quels apports ou garanties sont demandés, et si les logements sont encore disponibles. Pour l’habitat inclusif, renseignez-vous auprès du conseil départemental, des structures locales d’information et des organismes gestionnaires présents sur votre territoire. Ne vous fiez pas au seul vocabulaire de l’annonce : « partagé », « inclusif », « participatif » ou « convivial » ne garantissent ni le même contrat ni le même accompagnement.

Une recherche sérieuse comporte plusieurs rencontres. Visitez le logement à des heures différentes, si possible en semaine et le week-end. Demandez à parler aux personnes qui y vivent déjà, pas seulement au porteur de projet. Posez des questions concrètes sur le dernier départ, les impayés, les conflits, la rotation des occupants et les travaux à venir. Si vous changez aussi de ville, le choix du quartier, l’accès aux commerces, aux transports et aux soins mérite d’être examiné séparément. Notre guide « Où vivre sa retraite en France ? Les critères qui comptent vraiment » aide à évaluer ce cadre de vie plus large.

La marche à suivre pour passer de l’idée à un logement

  1. Clarifiez votre besoin

    Écrivez vos priorités non négociables : budget maximum, ville ou quartier, chambre privative, animaux, accessibilité, degré de convivialité et durée souhaitée.

  2. Calculez votre budget complet

    Ajoutez au loyer toutes les charges, l’assurance, l’énergie, internet, le dépôt de garantie, le déménagement et une marge pour les dépenses imprévues.

  3. Contactez trois canaux locaux

    Associez une association intergénérationnelle, la mairie ou le CCAS, une ADIL et, selon votre projet, un réseau local d’habitat participatif.

  4. Visitez au moins deux solutions

    Comparez les contrats, les pièces privatives, les accès, le voisinage et les règles de vie. Ne choisissez pas uniquement sur des photos ou après un premier échange téléphonique.

  5. Demandez les documents avant de payer

    Obtenez le projet de bail ou de contrat, le détail des charges, les conditions de préavis, l’état des lieux prévu et les coordonnées du bailleur ou de l’association.

  6. Signez puis organisez l’entrée

    Conservez un exemplaire signé, souscrivez les assurances nécessaires, faites l’état des lieux et convenez dès le départ d’une première réunion de fonctionnement.

Visiter, comparer, puis décider sans céder à l’urgence #

Lors de la visite, observez le logement comme si vous y viviez déjà. Testez les escaliers, les seuils, l’éclairage du couloir et l’accès à la salle d’eau la nuit. Vérifiez la place disponible dans les placards, le fonctionnement du chauffage, la qualité des fenêtres et la possibilité de vous isoler du bruit. Regardez le quartier à pied : boulangerie, alimentation, arrêt de transport, pharmacie, espaces de promenade et stationnement si vous conduisez. Ces vérifications ne relèvent pas du confort superflu. Elles conditionnent votre capacité à rester dans le logement lorsque vos habitudes, votre mobilité ou vos besoins évolueront avec le temps.

Comparez ensuite les personnes autant que les murs. Demandez comment se prennent les décisions, ce qui se passe lorsqu’un occupant ne paie pas sa part, et comment sont accueillis un nouveau conjoint, un animal ou des proches de passage. Une réponse hésitante n’est pas forcément un mauvais signe ; l’absence totale de règle, elle, doit vous alerter. Vous pouvez proposer un second rendez-vous, un repas ou un temps de discussion avec tous les occupants. Un séjour d’essai n’est envisageable que si ses conditions sont écrites et compatibles avec le bail : durée, accès au logement, assurance, participation aux frais et possibilité d’y renoncer.

Ne laissez pas une annonce présentée comme rare vous priver du temps de lecture nécessaire. Aucun versement ne doit intervenir sans identité vérifiable du bailleur ou de l’intermédiaire, document contractuel et reçu. Pour une décision qui implique de vendre votre logement, de mobiliser une épargne importante ou d’acheter une part dans un projet collectif, prenez conseil auprès d’un notaire et, si nécessaire, d’un conseiller patrimonial indépendant de tout vendeur. Notre dossier « Déménager à la retraite : les vraies questions à se poser » peut aussi vous aider à articuler le choix du logement avec le changement de commune et l’organisation pratique.

Les documents et questions à avoir le jour de la visite

Vos cases cochées restent enregistrées sur cet appareil.

Prévoir les changements de santé, de revenus ou de situation familiale #

Un logement partagé peut accompagner une période de vie très autonome, mais il faut aussi prévoir ce qui se passera si cette autonomie diminue. La bonne question n’est pas de tout anticiper seul : elle consiste à identifier les relais. Le logement permet-il l’intervention d’une aide à domicile ? Les proches savent-ils comment joindre les autres occupants en cas d’urgence, avec l’accord de la personne concernée ? Le quartier est-il praticable lorsque marcher devient plus difficile ? Une adaptation du logement, une aide professionnelle ou un changement de formule peuvent devenir nécessaires. Notre guide « Adapter son logement pour y rester longtemps : le guide pièce par pièce » aide à évaluer cette autre option.

Prévoyez également les changements non médicaux : baisse de revenus, arrivée d’un proche, séparation, décès d’un occupant ou départ vers une autre ville. En colocation, la réponse dépend du type de bail et des signatures : il faut contacter rapidement le propriétaire ou le gestionnaire et conserver les échanges. En habitat participatif, les règles de revente, de départ ou de remplacement doivent être connues avant l’entrée, car elles peuvent être plus complexes qu’en location. Dans une cohabitation intergénérationnelle, le contrat doit préciser les modalités de fin de l’accueil et le préavis. Un proche de confiance peut utilement recevoir une copie des coordonnées et contrats, avec votre accord.

L’habitat partagé est réussi lorsqu’il reste un choix réversible. Gardez une réserve financière pour un déménagement imprévu, ne résiliez pas trop tôt vos dispositifs utiles et ne confondez pas entraide informelle et prise en charge. Si vous hésitez entre conserver votre logement, l’adapter ou le quitter, mettez les trois scénarios sur une même feuille : coût mensuel, travaux, proximité des proches, services, transports, santé et possibilité de revenir en arrière. Cette comparaison évite de choisir sous le seul effet de la solitude ou d’une annonce séduisante.

Sources et vérification

Les informations de cet article ont été établies à partir des ressources officielles suivantes. Les barèmes et plafonds évoluant chaque année, consultez-les avant toute démarche.

Point de vigilance : Les règles de bail restent encadrées par la loi, mais les montants de loyers, charges, aides au logement, disponibilités locales et conditions propres à chaque projet doivent être revérifiés avant toute décision.

Publié le
Mis à jour le
Rédaction
La rédaction de La Retraite

Vous vous demandez peut-être

Questions fréquentes

Peut-on faire une colocation après 60 ans ?

Oui. Il n’existe pas d’âge maximal pour signer un bail de colocation classique. Le propriétaire examine les garanties et la solvabilité selon les règles habituelles, mais le projet doit surtout être compatible avec vos besoins de calme, d’intimité, de budget et d’accessibilité.

Quelle est la différence entre habitat partagé et colocation ?

La colocation est une forme précise d’habitat partagé, généralement fondée sur un ou plusieurs baux de location. L’habitat partagé est plus large : il peut aussi désigner un habitat participatif, un habitat inclusif ou une cohabitation intergénérationnelle. Le contrat et les règles de vie permettent d’identifier la formule réelle.

Qui paie les charges dans une colocation ?

La répartition dépend du bail et de l’accord entre occupants. Le loyer et les charges locatives peuvent être répartis à parts égales ou selon la chambre occupée ; l’énergie, internet et les achats communs doivent faire l’objet d’une règle écrite. Conservez les factures et distinguez les provisions sur charges, qui peuvent être régularisées, des forfaits de charges.

Puis-je toucher une aide au logement en colocation ?

Oui, une aide au logement peut être possible si vous remplissez les conditions et si le logement est éligible. Chaque colocataire effectue en principe sa propre demande en déclarant sa part de loyer et sa situation. Faites une simulation avant de signer, car le montant dépend notamment de vos ressources et du logement.

Que se passe-t-il si un colocataire part ?

Avec des baux individuels, le départ concerne normalement le contrat de la personne qui quitte sa chambre. Avec un bail unique, le colocataire doit donner congé dans les formes prévues et peut rester solidaire des dettes locatives si le bail contient une clause de solidarité. Cette solidarité cesse à l’arrivée d’un remplaçant ou, au plus tard, six mois après la prise d’effet du congé.

Un propriétaire peut-il interdire que je vive avec quelqu’un dans mon logement ?

Si la personne devient colocataire et signe directement un bail, il ne s’agit pas de la même situation qu’une sous-location. Si vous êtes locataire et souhaitez accueillir durablement une personne qui ne figure pas au bail, ne supposez pas que cela est autorisé : relisez votre contrat et demandez conseil au propriétaire ou à une ADIL. Une cohabitation intergénérationnelle doit également être sécurisée avec l’association qui l’accompagne.

La personne jeune accueillie doit-elle faire les courses ou le ménage ?

Non, la cohabitation intergénérationnelle solidaire n’est pas un contrat de travail ni un dispositif d’aide à domicile. Les personnes peuvent convenir de moments de présence et de convivialité, mais elles ne doivent pas imposer des services réguliers en échange de la chambre. Les besoins d’aide doivent être organisés avec les proches et les professionnels compétents.

Comment trouver une colocation entre retraités près de chez moi ?

Commencez par les annonces locales, mais multipliez les contacts avec la mairie, le CCAS, une ADIL et les associations de votre territoire. Pour les projets intergénérationnels, les associations spécialisées organisent souvent les mises en relation. Visitez plusieurs logements et demandez toujours le contrat avant de verser de l’argent.

Les internautes recherchent aussi

  • habitat partagé après 60 ans
  • colocation entre retraités
  • cohabitation intergénérationnelle comment ça marche
  • bail colocation clause de solidarité
  • habitat participatif pour la retraite
  • aide au logement en colocation
  • trouver une colocation près de chez moi
  • différence habitat inclusif et résidence services

Poursuivre la lecture

Pour aller plus loin

Toute la rubrique Habitat & Cadre de vie