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Habitat & Cadre de vie

Le prix d’un EHPAD : ce qui reste réellement à payer, et qui peut être appelé à contribuer

Une facture d’EHPAD n’est pas un loyer : elle additionne trois tarifs distincts, dont un seul est intégralement à votre charge. Entre l’APA, l’aide au logement, la réduction d’impôt et l’aide sociale à l’hébergement, le reste à payer peut varier du simple au double pour un même établissement. Voici comment le chiffrer avant de signer, et ce que le département peut réclamer aux enfants ou reprendre sur la succession.

15 min de lecture 3 012 mots Mis à jour le
Femme d’une soixantaine d’années assise auprès de sa mère dans le salon lumineux d’un établissement, en pleine conversation
Femme d’une soixantaine d’années assise auprès de sa mère dans le salon lumineux d’un établissement, en pleine conversation

L’essentiel en 30 secondes

L’essentiel à retenir

Lecture complète : 15 min
  • La facture d’un EHPAD se décompose en trois tarifs : l’hébergement, entièrement à la charge du résident ; la dépendance, allégée par l’APA ; et les soins, financés par l’Assurance Maladie et jamais facturés.
  • Le tarif hébergement se situe couramment entre 2 000 et 2 300 € par mois en province, et dépasse souvent 3 000 € en Île-de-France : c’est la ligne qui crée le reste à charge.
  • Quatre leviers réduisent la facture : l’APA en établissement, l’aide au logement si l’établissement est conventionné, une réduction d’impôt de 25 % des frais d’hébergement et de dépendance, et l’aide sociale à l’hébergement.
  • L’aide sociale à l’hébergement n’est possible que dans un établissement habilité : cette habilitation se vérifie avant de choisir, pas au moment où l’argent manque.
  • Les enfants peuvent être appelés au titre de l’obligation alimentaire quand l’aide sociale est demandée, mais un juge peut les en décharger si le parent a gravement manqué à ses devoirs : et les petits-enfants ne sont plus sollicités.
  • Contrairement à l’APA, qui n’est jamais récupérée, l’aide sociale à l’hébergement est reprise sur la succession dès le premier euro d’actif.

Trois tarifs sur une seule facture : comprendre ce que vous payez #

La première facture d’EHPAD déroute presque toutes les familles, parce qu’elle mélange trois logiques de financement qui n’ont rien à voir entre elles. Le tarif hébergement couvre le gîte et le couvert : la chambre, les repas, l’entretien, l’animation, l’administration. Il est intégralement à la charge du résident, et c’est lui qui explique l’essentiel du reste à payer. Le tarif dépendance rémunère l’aide apportée aux actes de la vie quotidienne, se lever, se laver, s’habiller, se déplacer. Le tarif soins finance les infirmiers, le médecin coordonnateur et les soins techniques : il est versé directement par l’Assurance Maladie à l’établissement, et n’apparaît jamais sur votre facture.

Cette architecture a une conséquence pratique décisive. Quand vous comparez deux établissements, vous ne comparez utilement que le tarif hébergement et le ticket modérateur de dépendance. Un EHPAD affichant un « prix de journée » de 95 € et un autre de 78 € ne se comparent pas si le premier inclut le linge, la coiffure et les sorties là où le second les facture en supplément. Demandez systématiquement le tarif hébergement quotidien, la liste des prestations comprises, et la liste des prestations facturées en sus : ces trois documents doivent vous être remis avant toute signature.

≈ 2 100 €

ordre de grandeur du tarif hébergement mensuel médian en EHPAD, hors Île-de-France

données publiques CNSA, à vérifier pour l’année en cours

25 %

réduction d’impôt sur les frais d’hébergement et de dépendance, dans la limite d’un plafond annuel de dépenses

article 199 quindecies du code général des impôts

90 %

part des ressources du résident affectée à l’hébergement quand l’aide sociale intervient

code de l’action sociale et des familles

Les trois tarifs d’un EHPAD : qui paie quoi
TarifCe qu’il couvreQui le paieCe qui reste au résident
HébergementChambre, repas, entretien, blanchissage, animation, frais générauxLe résident, ou l’aide sociale à défautLa totalité, c’est le poste déterminant
DépendanceAide aux gestes du quotidien, en fonction du niveau de perte d’autonomie (GIR)Le département via l’APA, pour la part au-delà du ticket modérateurLe ticket modérateur, égal au tarif des GIR 5-6, dû par tous les résidents
SoinsPersonnel soignant, médecin coordonnateur, matériel médicalL’Assurance Maladie, directement à l’établissementRien, ce tarif n’est jamais facturé au résident

Le GIR, ou groupe iso-ressources, classe le niveau de perte d’autonomie de 1 (le plus élevé) à 6. Il est évalué par l’équipe médico-sociale du département.

Le vrai chiffre : combien reste-t-il à payer chaque mois #

Le tarif hébergement médian se situe, au moment de la rédaction, autour de 2 100 € par mois en province, avec des écarts considérables : de l’ordre de 1 800 € dans certains départements ruraux, plus de 3 000 € en Île-de-France et dans les grandes métropoles, et au-delà dans le secteur privé commercial. À cela s’ajoute le ticket modérateur de dépendance, dû par tous les résidents quel que soit leur niveau de perte d’autonomie : il correspond au tarif applicable aux GIR 5 et 6, soit couramment 6 à 8 € par jour, environ 200 € par mois.

Face à cela, une pension. La pension moyenne tous régimes confondus se situe nettement en dessous du tarif d’hébergement, et l’écart est plus marqué encore pour les femmes, dont les carrières ont été plus souvent interrompues. C’est ce décalage structurel, et non un accident de parcours individuel, qui explique que le financement d’un EHPAD mobilise presque toujours autre chose que la seule pension : l’épargne, les revenus d’un bien loué, le produit d’une vente, la solidarité familiale, puis l’aide sociale.

Les quatre aides qui allègent la facture #

L’allocation personnalisée d’autonomie en établissement prend en charge une partie du tarif dépendance, selon le GIR évalué et les ressources du résident. Elle est le plus souvent versée directement à l’établissement sous forme de dotation globale : la famille ne la voit pas passer, elle constate simplement que la ligne dépendance de la facture se limite au ticket modérateur. Les conditions d’attribution et la procédure d’évaluation sont détaillées dans notre article consacré à l’APA.

L’aide personnalisée au logement ou l’allocation de logement sociale peuvent réduire le tarif hébergement, mais uniquement si l’établissement est conventionné, tous ne le sont pas. Le montant dépend des ressources et du tarif pratiqué ; il représente couramment 100 à 250 € par mois. La demande se fait auprès de la caisse d’allocations familiales, et beaucoup d’établissements la déposent eux-mêmes à l’entrée. Vérifiez que cela a bien été fait : c’est une aide fréquemment oubliée pendant plusieurs mois.

La réduction d’impôt sur les frais de dépendance et d’hébergement s’élève à 25 % des sommes effectivement payées, après déduction des aides perçues, dans la limite d’un plafond annuel de dépenses de 10 000 € par personne hébergée. L’avantage maximal est donc de 2 500 € par an et par résident. Attention à un point mal compris : c’est une réduction d’impôt, pas un crédit d’impôt. Une personne non imposable n’en tire aucun bénéfice, situation fréquente, précisément chez ceux dont le reste à charge est le plus lourd.

Les aides mobilisables, et leurs conditions
AideSur quel tarifCondition principaleRécupérable plus tard ?
APA en établissementDépendanceÊtre évalué en GIR 1 à 4 ; aucune condition de ressources pour l’ouverture du droitNon, jamais récupérée sur la succession
APL ou ALSHébergementÉtablissement conventionné, et ressources sous plafondNon
Réduction d’impôt de 25 %Hébergement et dépendanceÊtre imposable, sans impôt à payer, l’avantage est nulSans objet
Aide sociale à l’hébergementHébergementÉtablissement habilité à l’aide sociale, et ressources insuffisantes après mobilisation de l’obligation alimentaireOui, sur la succession dès le premier euro

Plafonds, montants et taux à vérifier pour l’année en cours auprès du département, de la caisse d’allocations familiales et de impots.gouv.fr.

Quand les ressources ne suffisent pas : l’aide sociale à l’hébergement #

L’aide sociale à l’hébergement est le filet de dernier recours. Versée par le département, elle prend en charge la part du tarif hébergement que le résident et, le cas échéant, ses obligés alimentaires ne peuvent pas couvrir. Son fonctionnement est particulier : le résident affecte 90 % de ses ressources au paiement de son hébergement, et conserve 10 %, avec un minimum garanti d’argent personnel, de l’ordre de 130 € par mois au moment de la rédaction, indexé sur le montant de l’ASPA. Le département règle la différence à l’établissement.

La condition qui bloque le plus de dossiers n’est pas financière : elle est administrative. L’aide sociale ne peut intervenir que dans un établissement habilité à la recevoir, et tous ne le sont pas. Certains le sont pour la totalité de leurs places, d’autres pour quelques lits seulement, d’autres pas du tout. Une famille qui choisit un établissement non habilité parce qu’il est proche, agréable ou disponible immédiatement se prive de ce recours pour la suite, et personne ne le lui dira spontanément au moment de la visite.

Il existe une soupape, mais elle est étroite : dans un établissement non habilité, l’aide sociale peut être accordée à titre exceptionnel si la personne y a séjourné à ses frais pendant au moins cinq ans et que ses ressources ne lui permettent plus de payer. Cinq ans, c’est plus long que la durée moyenne de séjour en EHPAD. Autrement dit, cette voie ne protège qu’une minorité de situations. La question de l’habilitation doit être posée dès la première visite, avant même celle du tarif.

Les questions à poser avant de retenir un établissement

Vos cases cochées restent enregistrées sur cet appareil.

L’obligation alimentaire : qui peut être appelé à payer #

C’est la question qui inquiète le plus les familles, et celle sur laquelle circulent le plus d’idées fausses. Le principe est ancien : le code civil impose aux enfants de secourir leurs parents dans le besoin. Quand une demande d’aide sociale à l’hébergement est déposée, le département sollicite donc les obligés alimentaires, les enfants, ainsi que les gendres et belles-filles tant que dure le lien du mariage, et leur demande de déclarer leurs ressources. Depuis 2022, les petits-enfants ne sont plus sollicités pour l’aide sociale à l’hébergement.

Chaque département applique un barème indicatif qui rapporte les charges aux revenus de chaque obligé, et propose une répartition. Si tout le monde accepte, l’affaire s’arrête là. En cas de désaccord, sur le principe ou sur la répartition, c’est le juge aux affaires familiales qui tranche, et lui n’est tenu par aucun barème départemental : il apprécie les besoins du parent et les facultés contributives de chaque enfant, dans le détail. Un enfant qui élève seul ses propres enfants, un enfant en invalidité, un enfant lourdement endetté ne contribueront pas comme les autres.

Il existe enfin des motifs de décharge. Le juge peut décharger totalement ou partiellement un enfant lorsque le parent a gravement manqué à ses obligations envers lui. La décharge est même automatique dans certaines situations, notamment lorsque le parent a fait l’objet d’un retrait de l’autorité parentale, ou lorsque l’enfant a été retiré de son milieu familial pendant une durée cumulée d’au moins trois ans avant ses douze ans. Ces situations existent, elles se prouvent par des pièces, jugements, mesures éducatives, et elles doivent être soulevées devant le juge, jamais tues par gêne.

APA et aide sociale à l’hébergement : deux aides, deux régimes

AAPA : allocation personnalisée d’autonomie

  • Porte sur le tarif dépendance
  • Aucune obligation alimentaire : les enfants ne sont jamais sollicités
  • Jamais récupérée sur la succession
  • Attribuée selon le GIR, avec une participation liée aux ressources
  • Ne dépend pas de l’habilitation de l’établissement

BASH : aide sociale à l’hébergement

  • Porte sur le tarif hébergement
  • Les enfants sont sollicités au titre de l’obligation alimentaire
  • Récupérée sur la succession dès le premier euro d’actif
  • Attribuée après examen des ressources et de la famille
  • Réservée aux établissements habilités à l’aide sociale

Ces deux aides sont souvent confondues, alors qu’elles n’engagent pas du tout la famille de la même façon. L’APA ne coûte rien aux enfants et ne laisse aucune trace sur la succession. L’aide sociale à l’hébergement, elle, appelle les enfants et se rembourse plus tard : c’est une avance du département, pas une subvention.

Ce que le département peut reprendre ensuite #

Les sommes versées au titre de l’aide sociale à l’hébergement constituent une avance récupérable. Au décès du bénéficiaire, le département inscrit sa créance à la succession et se rembourse sur l’actif, sans seuil de déclenchement : la récupération commence dès le premier euro, contrairement à l’ASPA qui n’est reprise qu’au-delà d’un actif net important. Une maison, même modeste, même occupée par un enfant, entre dans cette assiette dès lors qu’elle figure à l’actif successoral.

La récupération peut aussi viser d’autres personnes que les héritiers. Le département peut agir contre le donataire, lorsque le bénéficiaire a consenti une donation dans les dix années qui précèdent la demande d’aide, et contre le légataire. Il peut également demander le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune de son vivant, un héritage reçu, par exemple. Ces mécanismes visent à éviter que le patrimoine soit organisé pour être mis hors de portée avant de solliciter la collectivité.

Ce point mérite d’être posé calmement en famille, avant l’entrée en établissement plutôt qu’après le décès. Une donation faite huit ans plus tôt à un enfant, dans un tout autre contexte, peut se retourner contre lui. Une réflexion sur la transmission menée en parallèle d’une entrée en EHPAD relève du notaire, pas de l’improvisation : les règles de récupération, de rapport des donations et de réserve héréditaire s’articulent d’une manière qui n’a rien d’intuitif. Notre article sur la façon de préparer sa succession donne le cadre général.

Le conjoint resté à domicile, et les mois qui suivent #

Lorsqu’un seul des deux membres du couple entre en établissement, le droit protège celui qui reste. Le département ne peut pas capter l’intégralité des ressources du ménage : il doit laisser au conjoint demeuré à domicile un montant minimal de ressources, indexé sur le montant de l’ASPA, pour qu’il puisse continuer à vivre chez lui. Ce mécanisme est appliqué automatiquement dans l’instruction du dossier d’aide sociale, mais il se vérifie : une erreur sur la composition du foyer peut réduire à tort ce qui reste au conjoint.

Deux règles de facturation méritent enfin d’être connues, parce qu’elles évitent des litiges pénibles. En cas d’hospitalisation, le tarif hébergement est réduit d’un forfait journalier au-delà d’un délai de quelques jours d’absence : la chambre reste réservée, mais la facture doit baisser. Et au décès, seules peuvent être facturées les prestations délivrées avant le décès, ainsi que celles nécessaires à la libération de la chambre, dans un délai bref fixé par la loi. Aucun établissement ne peut exiger le paiement d’un mois entier de préavis après un décès.

La marche à suivre, dans l’ordre

  1. Faire évaluer le GIR avant l’entrée

    L’évaluation par l’équipe médico-sociale du département conditionne l’APA en établissement. Elle peut être demandée avant même que le choix de l’EHPAD soit arrêté.

  2. Établir le budget réel du séjour

    Tarif hébergement × 365 ÷ 12, plus le ticket modérateur de dépendance, moins l’aide au logement estimée. C’est ce chiffre, et lui seul, qu’il faut confronter aux ressources.

  3. Vérifier l’habilitation à l’aide sociale

    Avant de retenir un établissement, demandez par écrit s’il est habilité, et pour combien de places. Cette réponse engage l’avenir bien au-delà des premiers mois.

  4. Déposer le dossier unique d’admission

    Le dossier national d’admission en EHPAD se remplit une fois et vaut pour plusieurs établissements. Il comporte un volet administratif et un volet médical rempli par le médecin traitant.

  5. Ouvrir les droits sans attendre

    APA auprès du département, aide au logement auprès de la CAF, et le cas échéant aide sociale à l’hébergement auprès du centre communal d’action sociale. Ces demandes n’ont pas d’effet rétroactif étendu : chaque mois de retard est perdu.

  6. Lire le contrat de séjour avant de le signer

    Tarifs, prestations incluses, conditions de révision, facturation en cas d’absence, préavis, dépôt de garantie. Vous disposez d’un délai de rétractation après la signature : utilisez-le pour relire à tête reposée.

  7. Conserver toutes les factures pour la déclaration de revenus

    La réduction d’impôt de 25 % se calcule sur les frais réellement supportés, aides déduites. L’établissement délivre une attestation annuelle : réclamez-la si elle n’arrive pas.

Un dernier mot sur ce que ces chiffres ne disent pas. Le moment de l’entrée en établissement se décide rarement dans le calme : il arrive après une chute, une hospitalisation, une nuit difficile de trop. C’est précisément pour cette raison que la partie financière gagne à être instruite bien avant, quand personne n’est encore concerné, autour d’une table, sans urgence. Connaître le tarif de deux ou trois établissements du secteur, savoir lesquels sont habilités à l’aide sociale et avoir posé la question de l’obligation alimentaire entre frères et sœurs prend une après-midi. Le jour venu, cette après-midi-là fait toute la différence entre une décision et une panique.

Sources et vérification

Les informations de cet article ont été établies à partir des ressources officielles suivantes. Les barèmes et plafonds évoluant chaque année, consultez-les avant toute démarche.

Point de vigilance : Tarifs hébergement médians et ticket modérateur de dépendance à réactualiser chaque année ; plafond de 10 000 € et taux de 25 % de la réduction d’impôt à revérifier ; montant minimal d’argent personnel laissé au résident et minimum garanti au conjoint à domicile, indexés sur l’ASPA ; suivre les évolutions des règles d’obligation alimentaire et de récupération sur succession.

Publié le
Mis à jour le
Rédaction
La rédaction de La Retraite

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Questions fréquentes

Combien coûte réellement un EHPAD par mois ?

Le tarif hébergement, seul poste intégralement à la charge du résident, se situe couramment entre 2 000 et 2 300 € par mois en province, et dépasse souvent 3 000 € en Île-de-France et dans les grandes métropoles. Il faut y ajouter le ticket modérateur de dépendance, dû par tous les résidents quel que soit leur GIR, soit environ 200 € par mois. Le tarif soins, lui, est financé par l’Assurance Maladie et n’apparaît jamais sur la facture.

Les enfants sont-ils obligés de payer l’EHPAD de leur parent ?

Pas au titre de la facture elle-même : l’établissement s’adresse au résident. En revanche, si une demande d’aide sociale à l’hébergement est déposée, le département sollicite les enfants au titre de l’obligation alimentaire, ainsi que les gendres et belles-filles tant que dure le lien du mariage. Depuis 2022, les petits-enfants ne sont plus sollicités. En cas de désaccord sur la répartition, c’est le juge aux affaires familiales qui fixe la contribution de chacun.

Peut-on être dispensé de l’obligation alimentaire envers un parent ?

Oui. Le juge aux affaires familiales peut décharger totalement ou partiellement un enfant lorsque le parent a gravement manqué à ses obligations envers lui. La décharge est automatique dans certaines situations, notamment en cas de retrait de l’autorité parentale, ou lorsque l’enfant a été retiré de son milieu familial pendant une durée cumulée d’au moins trois ans avant ses douze ans. Ces motifs doivent être soulevés devant le juge, avec les pièces qui les établissent.

L’aide sociale à l’hébergement est-elle récupérée sur la succession ?

Oui, et sans seuil : le département inscrit sa créance à la succession et se rembourse dès le premier euro d’actif, contrairement à l’ASPA qui n’est reprise qu’au-delà d’un actif net important. La récupération peut aussi viser le donataire d’une donation consentie dans les dix ans précédant la demande, ainsi que le légataire. L’APA, en revanche, n’est jamais récupérée sur la succession.

Comment savoir si un EHPAD est habilité à l’aide sociale ?

Posez la question par écrit à la direction dès la première visite, et demandez si l’habilitation porte sur la totalité des places ou seulement sur une partie. L’information figure aussi sur le comparateur officiel des prix publié par pour-les-personnes-agees.gouv.fr et auprès du conseil départemental. C’est une question à poser avant celle du tarif : un établissement non habilité ferme durablement l’accès à l’aide sociale, sauf séjour payant d’au moins cinq ans.

Quelle réduction d’impôt pour les frais d’EHPAD ?

La réduction s’élève à 25 % des frais d’hébergement et de dépendance effectivement supportés, aides déduites, dans la limite d’un plafond annuel de dépenses de 10 000 € par personne hébergée, soit un avantage maximal de 2 500 € par an. Point essentiel : c’est une réduction d’impôt et non un crédit d’impôt. Une personne non imposable n’en retire rien, ce qui est fréquent précisément chez ceux dont le reste à charge est le plus lourd.

Que se passe-t-il pour le conjoint qui reste à la maison ?

Le droit le protège : lorsque l’aide sociale à l’hébergement intervient, le département doit laisser au conjoint demeuré à domicile un montant minimal de ressources, indexé sur l’ASPA, pour qu’il puisse continuer à vivre chez lui. Ce mécanisme est appliqué dans l’instruction du dossier, mais il se vérifie, une erreur sur la composition du foyer peut réduire à tort ce qui lui reste. Signalez toute anomalie au centre communal d’action sociale.

L’EHPAD peut-il facturer un mois de préavis après un décès ?

Non. Depuis la loi d’adaptation de la société au vieillissement, seules peuvent être facturées les prestations délivrées avant le décès, ainsi que celles strictement nécessaires à la libération de la chambre, dans un délai bref fixé par la loi. Le dépôt de garantie doit être restitué après déduction des sommes réellement dues. Si une facture de préavis vous est adressée, contestez-la par écrit en citant cette règle et saisissez le conseil de la vie sociale.

Faut-il vendre la maison pour financer l’EHPAD ?

Ce n’est pas la seule option, et rarement la première à examiner. La location du logement procure un revenu régulier sans céder le bien ; le viager peut dégager un capital tout en conservant une rente. La vente, elle, supprime toute possibilité de retour à domicile, transforme un bien peu liquide en ressources comptabilisées pour les aides, et peut bouleverser l’équilibre d’une succession préparée. Comparez ces trois voies avec un notaire avant de mandater une agence.

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